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La couverture du nuage: une prévision favorable pour un accès libre dans l’agriculture

Michael Marus

Le “cloud”, nuage en français n’est plus un mot informatique à la mode ni même une simple tendance.

Nous vivons des moments captivants en ce qui concerne l’accès libre aux données dans l’agriculture. La dernière décennie a connu des avancées informatiques qui ont changé les règles du jeu(smartphones/tablettes, Internet à haut débit et plates-formes open source pour la publication libre de n’importe quel type d’informations/de données) ainsi qu’une amélioration significative de leur disponibilité pour les chercheurs et les exploitants. On relève des signes positifs indiquant que la fracture numérique est en train d’être comblée là où elle était la plus marquée, non seulement grâce à un accès plus large aux appareils et à la connectivité, mais aussi grâce à l’utilisation de normes informationnelles apportant du sens (de la sémantique) aux produits d’information rendus accessibles.

En réalité, avec le libre accès et les données ouvertes, l’accent est mis de façon naturelle sur des répertoires adaptés et des normes à la fois syntaxiques et sémantiques, assurant ainsi un plus grand potentiel d’utilisation, d’innovation et de transfert de connaissances.

Mais, en dépit des avancées en termes de disponibilité et d’accessibilité des TIC, rendre les informations disponibles et accessibles dans des répertoires adaptés et basés sur des normes garantit-il que les produits du savoir en libre accès sont à la portée de ceux qui pourraient le plus en profiter?

Des infrastructures technologiques fiables, des ressources modulables et une disponibilité mondiale sont les conditions sine qua non pour assurer une accessibilité et une disponibilité optimales des produits d’information en accès libre est plus que nécessaire.

Qu’est-ce que le nuage?

Le nuage n’est pas un concept nouveau: il existe depuis de nombreuses décennies, grâce à l’utilisation de terminaux pour partager l’accès, de la puissance de calcul et le stockage entre des utilisateurs sur un réseau. Si l’on se réfère encore à la décennie précédente, le nuage a pris de l’importance et a subi des améliorations et l’informatique en nuage est née pour aider à atteindre les objectifs des mouvements de l’accès libre et des données ouvertes dans l’agriculture. Aujourd’hui, le nuage est devenu une infrastructure flexible, économique et très modulable en ce qui concerne la puissance de calcul et le stockage. Il représente par ailleurs, pour les scientifiques et les chercheurs, le chaînon manquant entre l’ouverture de l’accès au savoir et aux données et leur plus grande facilité d’utilisation. L’informatique en nuage, lancée par Amazon Web Services et rendue plus concurrentielle par des acteurs tels que Google Compute Engine et Microsoft Azure, a remporté l’adhésion en permettant aux professionnels de l’informatique de « faire tourner » de manière rapide et efficace les services, le stockage, la puissance de calcul et les réseaux informatiques, permettant un usage plus économique des services.

Cependant, il existe un aspect important du nuage qui est souvent ignoré et qui, selon moi, permettra à l’accès libre et aux données ouvertes dans le domaine agricole de devenir les plus accessibles et les plus disponibles possible: l’infrastructure globale du nuage.

Les infrastructures des fournisseurs de services dans le nuage rendent les services et le stockage accessibles au moyen des zones de disponibilité dans toutes les régions géographiques. Pour les utilisateurs finaux du monde entier, quelle que soit leur situation géographique, l’accès aux services, aux données et aux savoirs hébergés sur le nuage peuvent être obtenus au plus haut niveau possible.

Comment le nuage améliore-t-il l’accès libre et les données ouvertes dans l’agriculture?

Le nuage joue un rôle important dans l’amélioration de l’accès mondial aux ressources du savoir. Par exemple, les plates-formes collaboratives représentaient autrefois un véritable problème pour les équipes décentralisées. Traditionnellement, avec les plates-formes informatiques, un des critères utilisés lors de la sélection de l’hébergement des données, des documents et des applications est la proximité et l’hébergement de plates-formes à proximité des utilisateurs, éventuellement sur le même réseau, peut fortement améliorer la capacité des utilisateurs à accéder aux ressources en réduisant la distance et la durée de « déplacement de l’Internet ». Avec des équipes décentralisées, les difficultés liées à la proximité disparaissent rapidement.

Google Apps et Microsoft Office 365, deux plates-formes collaboratives basées sur le nuage et bien établies, sont à la portée de la majorité de la population mondiale, même dans des régions équipées de l’Internet bas débit. Elles sont toutes les deux basées sur le nuage et dépendent des zones de disponibilité pour garantir le meilleur accès possible en fonction de l’emplacement de l’utilisateur final, rendant l’utilisation et l’accès aux plates-formes faciles.

Le libre accès et les données ouvertes s’adressent au public mondial. La proximité des utilisateurs par rapport aux répertoires ouverts est un concept imprévisible et le nuage offre la meilleure proximité avec le public de manière générale.

Avec les données ouvertes en particulier, le stockage peut facilement devenir un poids, principalement en raison de la croissance des données et de la quantité de données à héberger et à livrer. Le stockage sur le nuage est évolutif et fiable, et surtout, les données stockées sur le nuage peuvent être traitées en utilisant la puissance de calcul du nuage.

Au GCRAI, notre politique de gestion de l’accès libre et des données nécessite clairement un accès permanent à nos produits de recherche. Nous pensons que la diffusion étendue de nos produits de recherche est essentielle pour obtenir un impact maximal.

En décembre 2014, nous avons effectué une avancée majeure pour rendre les données plus accessibles. Nous avons publié les Modèles mondiaux de circulation (MMC) du Programme de recherche sur le changement climatique et la sécurité alimentaire (CCEFS) du GCRAI sur le nuage d’Amazon, AWS.

Les ensembles de données des MMC de 7 téraoctets sont considérés comme les instruments parmi les plus importants de la recherche sur le climat et fournissent aux chercheurs des outils pour évaluer l’impact du changement climatique et faire des projections climatiques. Aujourd’hui, les ensembles de données des Modèles sont rendus plus accessibles dans le monde entier grâce au nuage.

De nombreux professionnels en dehors du domaine de l’informatique tendent à éviter les technologies sur le nuage et pensent que le nuage est hors de leur portée. Toutefois, je peux constater que cela est en train de changer rapidement, à mesure que les outils et les séries d’analyses statistiques pour les scientifiques et les chercheurs deviennent disponibles sur les plates-formes sur le nuage. Quand les données ouvertes se trouveront sur le nuage, les chercheurs ne seront plus contraints de télécharger de grands ensembles de données : le traitement visant à produire des résultats et des innovations ne dépendra pas de la connexion Internet d’un chercheur ou de la capacité de traitement locale et individuelle.

En ce qui concerne le mouvement pour un accès libre et des données ouvertes dans l’agriculture, je pense que le nuage est essentiel pour atteindre un des objectifs majeurs visant à rendre accessibles le savoir
et les données agricoles, car il est disponible et utilisable dans le monde entier.