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VIVO et Agriprofiles: Outil de découverte des connaissances implicites

ICT Update

Le temps est devenu une ressource rare pour ceux qui vivent « connectés » et qui utilisent quotidiennement internet, les médias sociaux, les e-mails, les services mobiles et les alertes.

La montée en puissance du « big data » met davantage sous pression notre capacité à consommer de telles quantités de connaissances explicites. En effet, la somme de connaissances explicites sur l’agriculture disponibles sur le web est tellement énorme qu’il est impossible pour une seule personne de la traiter.

On observe depuis peu une tendance au sein des cercles ICT4Ag, qui consiste à ne pas se contenter d’alimenter les bases de données avec du contenu explicite, mais également avec du contenu implicite, ou autrement dit, du « capital intellectuel ». Ce dernier est plus difficile à transférer car il est diffus et requiert des compétences complexes, par exemple, jouer du violon, piloter un avion ou faire pousser des cultures. Le partage de cette connaissance en une « communauté de pratiques » crée davantage d’opportunités de collaborer et de générer un meilleur savoir.

Outils de web sémantique

Imaginez ce que cela donnerait si vous utilisiez un moteur de recherche normal pour rechercher le mot espagnol « papa ». Les résultats seraient pléthoriques et concerneraient au moins trois acceptions différentes du mot : pomme de terre, père et pape. Voilà un exemple typique des limites que présente la recherche dans des données non-structurées. C’est là que les outils de web sémantique tels que VIVO interviennent : ils mettent en relation des informations qui peuvent être lues facilement par des machines. VIVO a été développé par la Cornell University en 2004. On peut le télécharger gratuitement et il permet à des organisations et à leurs collaborateurs professionnels de le compléter par des recherches et des informations supplémentaires.

Le potentiel de VIVO en tant qu’outil utile dans le secteur agricole a été discuté pour la première fois lors d’une réunion en 2009 de l’Agriculture Network Information Center, une alliance volontaire d’universités nord-américaines, du ministère américain de l’Agriculture et de l’Institut inter-américain pour la coopération sur l’agriculture (IICA). Peu après, VIVO est apparu de plus en plus fréquemment sur le web et il a été amélioré avec le temps – à tel point que des organisations internationales telles que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Centre technique de coopération agricole et rurale ACP-UE (CTA), le Forum mondial de la recherche agricole (FMRA), entre autres, se sont mises à utiliser cet outil pour un usage dans le secteur agricole.

Essentiellement, VIVO est un simple répertoire de personnes, mais ses technologies électroniques lui confèrent de nombreux avantages. Ses données sémantiquement structurées facilitent la recherche. La visualisation des données reliées met en évidence les réseaux et les schémas. De plus, il est 100% interopérable et conforme au protocole Open Archives Initiative
(archives ouvertes).

La mise en œuvre de VIVO dans les pays en développement pourrait être confrontée aux mêmes obstacles que ceux rencontrés dans la gestion de l’information et le savoir dans l’agriculture. Premièrement, l’information n’est guère prioritaire par rapport à d’autres besoins plus urgents. Ensuite, l’interopérabilité entre les bases de données ou les services d’information (données non structurées) est faible. Troisièmement, on manque de données relatives aux ressources humaines et d’expérience dans le domaine des outils sémantiques. Enfin, l’infrastructure TIC des institutions publiques agricoles est inadéquate dans la plupart des cas.

Un outil pour tous

Des représentants de la FAO, du FMRA, de la Cornell University, du CTA et de l’IICA se sont rencontrés en 2014 en vue de relever ces défis et de discuter comment renforcer VIVO et d’autres initiatives pilotes. La discussion a mené à la création de ce qui devrait devenir le plus vaste outil de découverte de connaissances implicites pour l’agriculture au monde: Agriprofiles. Cette initiative et ses différentes méthodes futures de mise en œuvre prennent en compte les réalités des pays en développement et identifient au moins trois types d’utilisateurs potentiels.

En premier lieu, les organisations disposant d’une infrastructure bien développée, de services TIC robustes et de matériel et de systèmes de ressources humaines fonctionnant de manière similaire à celle de VIVO. Dans ces cas, il est prévu d’avoir des protocoles d’exportation qui permettront de partager des données à partir de n’importe quel système vers Agriprofiles.

En second lieu, les organisations disposant d’une infrastructure semi-développée, de quelques services IT et de matériel limité à des services existants, à des bases de données de ressources humaines, des répertoires et des tableurs. Avec ces organisations, le but est d’exporter les données dans leur propre système VIVO (local ou dans le « cloud »), par exemple, pour permettre le partage d’information avec Agriprofiles. En troisième lieu, les organisations sans infrastructure développée. Elles ne disposent ni de serveurs ni de ressources TIC performants pour maintenir un outil de web sémantique, ni d’une base de données de ressources humaines ou d’un service automatisé qui leur permettent de présenter leurs capacités en termes de capital humain. Dans ces cas, Agriprofiles ouvrirait à chaque organisation un espace privé dans le « cloud » pour qu’elle puisse gérer leurs collaborateurs, créer des liens entre eux aux niveaux national ou régional et les faire apparaître sur Agriprofiles.

L’idée principale est de collecter et de générer des informations implicites auprès d’un nombre, le plus élevé possible de professionnels de l’agriculture. Les professionnels pourront mettre à jour leurs profils, aussi facilement qu’on le fait sur LinkedIn ou Facebook. Les utilisateurs peuvent aussi générer des schémas et des réseaux visuels des informations soumises par ces professionnels.

Agriprofiles est une nouveauté passionnante dans le domaine de la gestion de l’information et des connaissances agricoles. Il donne aux organisations qui produisent les connaissances une opportunité de collaborer plus efficacement et de suivre des procédures communes qui permettront aux moteurs de recherche et aux outils de découverte de réutiliser et d’établir une relation entre les informations plus efficacement. Il permettra de savoir plus facilement qui fait quoi afin de clarifier les rôles de chacun et de collaborer à des objectifs similaires. Enfin, Agriprofiles aide les décideurs politiques agricoles de savoir quelles sont les connaissances de leurs pays et qui les gère, et de renforcer leur engagement à les partager plus ouvertement. 

 

Liens connexes VIVO  

www.agrivivo.net
Agriculture Network Information Center
Institut inter-américain pour la coopération sur l’agriculture