Le Web appartient-il au passé ou est-il là pour rester ?

S. Sembhoo, A. Rasoanindrainy et B.K. Addom

Les outils Web pour ICT4Ag sont-ils pertinents et utiles aujourd’hui ? Sont-ils dépassés ou au contraire, le Web est-il un noyau à partir duquel se déploient d’autres canaux ?

Le Web est-il encore un environnement adapté à la communication des informations agricoles aux utilisateurs ? Ou bien est-il voué à disparaître, pour être remplacé par d’autres canaux ?

L’accès rapide aux informations est devenu indispensable afin de maintenir concurrentielle la production agricole. Par le passé, les agriculteurs dépendaient essentiellement des agents de vulgarisation, des ONG et des négociants, pour acquérir un savoir-faire agricole. Aujourd’hui, de plus en plus de personnes se tournent vers les nouvelles TIC qui offrent des informations sur mesure, principalement via Internet.

Cette évolution a vu naître plusieurs systèmes de gestion de l’information agricole (AIMS) au cours de la dernière décennie, fruits d’initiatives et d’efforts déployés par les agences de développement et par le secteur privé. Parmi les autres facteurs clés de ce changement figurent les nouveaux appareils (téléphones mobiles et tablettes), et la baisse de leur coût associée à une plus grande accessibilité à Internet.

Si les services mobiles progressent rapidement, le Web semble être là pour rester : il peut être accessible à partir de tous les appareils, aussi longtemps qu’un navigateur Internet est disponible, peut intégrer et répertorier d’importants volumes d’informations sur un seul écran et s’ajuster à tout type d’écran.

L’appui qu’il fournit aux agents de vulgarisation agricoles, ONG et agences de développement sur le terrain, représentants des organisations paysannes et agriculteurs progressistes constitue un autre de ses atouts. Ces intermédiaires utilisent le Web pour optimiser leurs échanges d’informations avec les utilisateurs finaux, pour la plupart, illettrés. Les TIC ne visent pas à remplacer la dimension humaine de la diffusion d’informations, mais à la renforcer. Pour exemple, le projet en cours du CTA (Wageningen, Pays-Bas) qui vise à créer une base de données Apps4Ag mettant à jour un large éventail de solutions TIC.

Des exemples spécifiques d’utilisation du Web en combinaison avec d’autres canaux d’échange d’informations agricoles comprennent :

  • Des services consultatifs visant à informer les agriculteurs des bonnes pratiques agricoles telles que l’utilisation efficace de l’eau, ou à diffuser des alertes sur les ravageurs et les maladies, des informations météorologiques et des mises à jour sur les nouvelles technologies ainsi que les nouveaux produits et services. Le CTA, en collaboration avec eLEAF, une société privée de données satellitaires basée aux Pays-Bas, utilise le Web (FieldLook par exemple, un portail Web personnalisé destiné aux producteurs et aux conseillers en gestion des cultures) en association avec des services SMS, pour appuyer la prestation de services de diffusion d’informations dans le cadre du projet d’irrigation de Gezira au Soudan. 
  • La formation et l’éducation en ligne, dans le but de développer les capacités des utilisateurs. Le « Commonwealth of Learning » renforce les capacités locales dans les pays du Commonwealth, en vue de créer des kits d’apprentissage en ligne compatibles aux appareils mobiles. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture collabore également avec le CTA sur le projet IMARK, pour offrir une série de formations destinées aux acteurs du secteur agricole.
  • Des informations et des connaissances stratégiques sur le marché pour les producteurs, les négociants, les organismes de développement et les décideurs politiques. Plusieurs plateformes d’informations sur le marché conjuguent désormais le Web et les SMS aux supports d’affichage et à la radio offerts par le marché traditionnel, pour diffuser des informations aux utilisateurs.

D’autre part, plusieurs moteurs de recherche puissants disponibles sur le Web offrent un accès facile et une visibilité à une mine d’informations agricoles. Ainsi, si vous désirez en savoir plus sur la façon de concevoir un jardin, une recherche pourra vous conduire à Garden Planner, à iCow si vous souhaitez élever des vaches ou encore à mFisheries si vous cherchez des informations sur la pêche, la navigation ou la météo dans les Caraïbes.

Le Web continue d’offrir de nombreux avantages comparatifs, et le développement d’applications Web devrait se poursuivre de plus belle.

Avec le Web, vous obtiendrez plus avec moins : plus d’informations et de services à partir d’une seule plateforme universelle ; plus d’informations sur un seul écran (pas de défilement intermittent) ; plusieurs types de contenus dans un environnement unifié sur un écran graphique unique. Les applications Web continuent à fonctionner, quel que soit l’appareil dont vous disposez, et vous obtiendrez toujours plus de clients, même s’ils utilisent des plateformes différentes. Pour l’instant du moins, le Web est là pour rester.