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Les femmes à l’avant-garde du partage des connaissances

G. G. Taylor et I. Lopes Ramos

Les femmes sont le pilier du développement des économies rurales et nationales. Elles représentent en effet 43 pour cent de la main-d’œuvre agricole mondiale, le pourcentage atteignant jusqu’à 70 pour cent dans certains pays.

Pourtant, les inégalités entre hommes et femmes restent un problème, en raison de l’accès limité des femmes aux terres, ressources productives, marchés et services, et à leur faible mainmise dans ces domaines. Les initiatives ciblées en matière de gestion des connaissances pourraient aider les femmes vivant en milieu rural à améliorer leur statut socio-économique en les intégrant aux activités économiques, et en réduisant les inégalités.

Créé en 1999, le Caribbean Network of Rural Women Producers (CANROP) est l’organisation-cadre qui collabore avec les branches nationales des associations de femmes vivant en milieu rural dans les Caraïbes. Organisation à but non lucratif, le CANROP intervient pour aider les productrices des régions rurales des Caraïbes à devenir autonomes, améliorer leurs moyens d’existence ainsi que leur statut socio-économique.

Les interventions reposent sur la formation, les échanges culturels, le réseautage, et la promotion du commerce inter et intra-régional. Le réseau facilite l’accès au crédit spécialisé, cherche à créer des emplois durables, et effectue des campagnes de sensibilisation afin que la société prenne conscience des besoins et contributions des femmes dans le monde agricole. Le CANROP possède des antennes régionales à la Barbade, à la Grenade, au Guyana, en Jamaïque, à Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, au Suriname, et à Trinité-et-Tobago.

Le réseau est membre de l’Alliance pour le développement durable de l’agriculture et du milieu rural, et est soutenu par les bureaux caribéens de l’Institut interaméricain de coopération pour l’agriculture (IICA). Bien qu’il existe depuis 15 ans, les communications limitées ont freiné son développement. Pour combler ces lacunes, le CANROP a lancé une série d’activités en 2014, avec le soutien du CTA et de l’IICA, en vue de développer le réseau, d’améliorer la communication entre les membres,
et de renforcer leurs compétences en matière de gestion des connaissances.

Une analyse de la gestion des connaissances, réalisée par le CTA et Co-Capacity, une entreprise de conseil en matière de gestion des connaissances située à Wageningen (Pays-Bas), a aidé le réseau à établir de nouvelles priorités dans les domaines de la gestion des connaissances et de la communication, mais également à trouver de nouvelles sources de soutien. La priorité principale était d’améliorer les capacités du réseau dans le domaine de la communication afin de susciter de nouvelles adhésions et d’accéder à des marchés extérieurs.

Cette priorité a mené à l’organisation par DANAQA d’un atelier de gestion des connaissances et de témoignages, à Trinité-et-Tobago, en juillet 2014.

L’atelier visait à sensibiliser les actrices du CANROP au potentiel de la gestion des connaissances pour stimuler l’entrepreneuriat et améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle. L’atelier se basait sur les expériences et connaissances des participantes. Au cours de cet atelier de trois jours, les participantes ont ensemble tenté d’identifier les principales questions et possibilités devant être abordées. Elles ont également profité de l’occasion pour partager leurs expériences et apprendre les unes des autres.

Faumuina Tafuna’i, membre de Femmes pour le développement intégré des entreprises (WIBDI), a ainsi raconté son expérience aux Samoa où son organisation a suivi une approche positive des médias, en vue de promouvoir l’agriculture comme activité professionnelle à la fois digne de respect, enthousiasmante et innovante. Un des principaux sujets abordés lors de l’atelier portait sur la manière dont les témoignages peuvent sensibiliser les agriculteurs, les marchés et les gouvernements.

Les participantes à l’atelier ont également convenu qu’il était nécessaire de définir une vision et des valeurs communes, créer une base de données, déterminer comment utiliser les outils offerts par les médias sociaux, et décider de l’attribution de tâches spécifiques afin d’exercer une meilleure influence sur l’action publique.

Sur la base des recommandations tirées des ateliers, le CANROP a lancé une série d’activités visant à améliorer les compétences de ses membres en matière de communication et de gestion des connaissances. Parmi ces activités figuraient : L’élaboration d’un site Web, directement géré par les membres du CANROP, qui servirait de plateforme principale pour partager leurs bonnes pratiques, promouvoir leurs produits, communiquer sur l’actualité et les événements, et diffuser des publications ;

  • Le développement et la création d’une page Facebook et d’un compte Twitter dynamiques pour constituer les principaux instruments de réseautage interne et externe, et pour informer les parties prenantes au sujet des dernières activités ;
  • La formation permanente aux TIC afin que les membres puissent mettre à jour eux-mêmes les outils sociaux du réseau ;
  • L’amélioration de la liaison avec les parties prenantes, grâce à l’analyse de celles-ci, à des alliances stratégiques au niveau de la direction, et à la prise en compte de leurs besoins et exigences.

Hilda Vaughan, agricultrice en Jamaïque et membre du Réseau jamaïcain des productrices agricoles en milieu rural (Jamaica Network of Rural Women’s Producers, JNRWP) a participé à l’atelier et est devenue administratrice de la page Facebook de CANROP. Elle a témoigné : « Je me suis rendue compte que ma mission sur cette terre était de devenir un agent du changement dans la région du monde où je vis, en influençant une personne à la fois ».

Au cours de la Semaine caribéenne de l’agriculture 2014, le CANROP a fait la promotion active du réseau grâce à des présentations aux ministères et aux médias, et des démonstrations de ses produits sur son stand d’exposition. Cette semaine a également donné l’occasion de rencontrer des décideurs et bailleurs de fonds, lesquels ont aidé le CANROP à s’étendre sur de nouveaux marchés. En 2015, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, avec pour thème l’autonomisation des femmes, le CANROP a présenté une série de « messages visuels » destinés à faire reconnaître le travail des productrices agricoles caribéennes vivant en milieu rural. Depuis, le travail du CANROP a davantage mis l’accent sur le rôle important joué par la gestion des connaissances comme outil favorisant l’information et le partage d’expériences entre ses membres.

Obtenez plus d’informations sur les femmes du CANROP sur la page Facebook du CANROP, et suivez- les sur Twitter grâce au hashtag
#weareCANROP.