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Outils pour assurer le bon fonctionnement des Communautés de pratiques

Krishan Bheenick

Krishan Bheenick passe en revue différentes plateformes d’interaction en ligne pour l’échange d’information, depuis les plateformes de messagerie et les Dgroups jusqu’aux blogs de gestion des connaissances.

Comment faisions-nous pour gérer les communautés en ligne avant l’avènement des réseaux sociaux ? À peu de choses près, comme de nombreux acteurs du développement agricole et rural s’y prennent encore aujourd’hui : au moyen de forums de discussion en ligne, via le courrier électronique.

Aujourd’hui, Dgroups.org est l’une des plateformes d’interaction en ligne par courriel la plus couramment utilisée. À l’origine, elle était exempte de publicités et offrait un forum aux organismes d’aide au développement pour faciliter les interactions entre leurs différentes communautés de pratique.

Cette plateforme regroupe à présent plus de 700 communautés actives et quelques 150 000 utilisateurs œuvrant pour des organisations internationales et intergouvernementales, des organismes gouvernementaux, des ONG nationales et internationales, ou encore des instituts axés sur les TIC et les connaissances. Chaque jour, plus de 400 000 courriels sont envoyés via les serveurs du service Dgroups, et plus de la moitié d’entre eux sont échangés avec des pays africains ou sur le continent africain.

Comment fonctionne la plateforme Dgroups ?

La plateforme Dgroups se définit par le fait qu’elle associe les caractéristiques d’un forum de discussion à celles d’une liste de diffusion dans un même outil, avec l’avantage de permettre la création de sous-communautés au sein d’une même communauté. Dans la plupart des pays des régions ACP, le courrier électronique demeure le moyen de communication le plus répandu et le plus efficace.

La plateforme Dgroups a été spécialement conçue pour des configurations à faible bande passante et des utilisateurs n’ayant pas un accès permanent au Web : elle convertit en liens les fichiers joints volumineux pour éviter l’obstruction des boîtes aux lettres électroniques personnelles. En outre, les documents partagés sont placés dans une « bibliothèque » accessible en tout temps à tous les membres de la communauté. Les nouveaux membres peuvent ainsi prendre connaissance des discussions précédemment menées au sein du groupe. Les médias sociaux contribuent clairement à renforcer la qualité des échanges et le service Dgroups s’y est adapté en proposant une interface Web. Le service est géré par un consortium de partenaires de développement (cf l’encadré dgroups. info), l’objectif étant que les différents projets utilisent Dgroups comme plateforme de communication, en plus des réseaux sociaux.

Quand il s’agit de communiquer des informations, le CTA et ses partenaires régionaux préconisent d’associer messagerie électronique et réseaux sociaux. Le Forum pour la recherche agricole en Afrique utilise Dgroups à grande échelle pour coordonner les multiples communautés et leurs sous-groupes, dont des sous-communautés subrégionales, nationales, thématiques et institutionnelles. Des discussions sont en cours avec la Division des ressources terrestres du Secrétariat de la Communauté du Pacifique visant à faire une communauté Dgroup de son Réseau de politique forestière et agricole du Pacifique, qui serait alors subdivisée en plusieurs sous-communautés (pour de multiples discussions en ligne). De même, les nouvelles communautés en réseau regroupant les services de vulgarisation et de consultation en milieu rural coordonnés par le Forum mondial pour le conseil rural pourraient également utiliser Dgroups comme plateforme de partage d’informations.

Le blog KM4ARD (gestion des connaissances pour le développement agricole et rural)

Dans la perspective de la gestion des connaissances (GC), les communautés de pratiques constituent des réservoirs de savoirs tacites et d’expérience dans un domaine particulier ou sur un sujet donné. Étienne Wenger, qui a formalisé le concept des « communautés de pratiques », présente un aperçu de la manière dont ce type de communautés partagent leurs connaissances (cf. http://bit.ly/1i5eIm1).

Le CTA est également en train de mettre en place une communauté de pratiques relative à la gestion des connaissances pour le développement agricole et rural pour les acteurs ACP œuvrant dans ce domaine (KM4ARD). Dans le cadre de son programme de Gestion des Connaissances et Communication (GCC), le CTA a mis en place un blog qui rapporte les histoires et expériences associées à la mise en œuvre de la KM4ARD dans la région ACP.

#KNOWvember a été lancé fin 2014, au mois de novembre (le mois où on analyse et on sensibilise aux initiatives prises en gestion des connaissances). Ce blog est mis à jour régulièrement avec des nouvelles et ressources en ligne sur la gestion des connaissances pour le développement agricole et rural (KM4ARD). Plus de 50 récits relatifs à des expériences en gestion des connaissances dans les pays ACP figurent actuellement sur le blog KM4ARD.

Les différentes ressources élaborées par le CTA au cours des dernières années sont également détaillées sur le portail, la dernière en date étant l’adaptation de l’instrument d’analyse de la gestion des connaissances permettant aux individus d’auto-évaluer leurs compétences en GC. Cet outil permet également à l’utilisateur de recevoir un retour d’informations quant aux résultats et ressources qu’il pourrait utiliser pour combler les lacunes. Il suffit de s’inscrire sur le blog KM4ARD pour avoir accès à l’analyse de la gestion des connaissances.

Outils d’apprentissage en ligne

Le CTA a également élaboré un ensemble d’outils de formation pour sensibiliser à la Gestion des connaissances en matière de développement agricole et rural. Ces outils seront proposés lors des ateliers régionaux de formation prévus en 2016. Les participants aux ateliers de GC seront regroupés au sein d’une communauté Dgroups pour pouvoir continuer à partager leurs expériences dans les différentes régions ACP. La communauté de pratiques observera également d’autres communautés existantes afin de comparer les différents points de vue et faire part de ses interactions aux autres communautés.

Le CTA fait également partie des 13 institutions qui élaborent un ensemble d’instruments d’apprentissage en ligne sur la gestion de l’information et des connaissances, le « Kit de ressources pour la gestion de l’information »
(IMARK). Le principal objectif de cette initiative partenariale d’apprentissage en ligne est de développer les capacités des particuliers et de soutenir les institutions du monde entier à gérer efficacement l’information.

Ce consortium d’institutions propose un éventail gratuit de modules d’apprentissage en ligne disponibles sur CD-ROM en français, anglais et espagnol, et à télécharger. Chaque module IMARK se concentre sur un domaine spécifique de la gestion de l’information. Les modules ont été conçus par des experts, en faisant appel aux méthodes d’apprentissage en ligne les plus récentes, et offrent un environnement interactif permettant d’avancer à son propre rythme. 

Lien connexe

Knowledge Management and Organisational Learning: An International Development Perspective.
An Annotated Bibliography par Ingie Hovland  
http://goo.gl/ijuOJ8