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Utiliser la technologie audio pour diffuser les connaissances

C. Cliff Schmidt et B. Sullivan

La technologie audio est une manière efficace de transmettre des informations sur le développement agricole. 

Pour transmettre des informations agricoles en zone rurale, une solution audio pourrait s’avérer efficace, en particulier pour toucher les agriculteurs les plus marginalisés ou vulnérables. Literacy Bridge et Farm Radio International (FRI) utilisent la technologie audio depuis des décennies. FRI utilise un réseau de stations de radio partenaires, tandis que Literacy Bridge utilise son livre audio (Talking Book), un appareil audio robuste.

La technologie audio et les cultures orales

La plupart des agriculteurs les plus pauvres du monde n’ont pas fait d’études. Ils sont par conséquent analphabètes. Ils ne peuvent ni lire une brochure ou affiche, ni prendre des notes lorsque l’occasion rare leur est offerte de pouvoir profiter d’une visite de vulgarisation ou d’une démonstration. Nombreux sont ceux qui préfèrent également apprendre par le biais de la technologie audio plutôt que par la vidéo ou le texte. FRI et Literacy Bridge conçoivent des enregistrements d’interviews d’experts, des recommandations par les pairs, des chansons, des histoires et des feuilletons radiophoniques. Sous différentes formes audio, la même information est mieux comprise et retenue (plutôt que dans un format unique). L’absence de réseau électrique, de haut débit mobile et de service de téléphonie vocale mobile est un autre défi à relever.

FRI et Literacy Bridge conçoivent des enregistrements d’interviews d’experts, des recommandations par les pairs, des chansons, des histoires et des feuilletons radiophoniques. Sous différentes formes audio, la même information est mieux comprise et retenue (plutôt que dans un format unique).

L’absence de réseau électrique, de haut débit mobile et de service de téléphonie vocale mobile est un autre défi à relever. FRI et Literacy Bridge utilisent alors des radios et des livres audio à piles pour les communautés sans électricité, rechargeables grâce à l’énergie solaire ou disponibles localement.

Avec la diffusion de ce type de contenu audio, il est essentiel d’obtenir un retour d’information et des idées de la part des agriculteurs. Pour ce faire, FRI crée des programmes radio au cours desquels les auditeurs transmettent leur message aux experts agricoles ou participent à des sondages radio. Les livres audio de Literacy Bridge ne permettant pas ce genre de discussion en direct donnent la possibilité aux exploitants d’enregistrer leurs questions et commentaires, lesquels détermineront le contenu futur. Le livre audio enregistre également les statistiques d’utilisation.

Diriger un programme pédagogique agricole efficace nécessite davantage qu’une technologie de pointe et un excellent contenu. FRI et Literacy Bridge travaillent tous deux avec des groupes d’auditeurs au sein des communautés. Il s’agit également d’une tribune lorsque le besoin d’une présentation visuelle se fait sentir.

Dans certains programmes, des livres audio contenant des informations saisonnières sont distribués à chaque ménage du village une semaine chaque mois. Ceci permet à chacun d’écouter et apprendre à son rythme. L’approche a régulièrement démontré une écoute de quatre à huit heures par famille, chaque semaine. Malgré tout, ce genre de programme revêt des coûts additionnels par rapport à la mobilisation de groupe.

Pourquoi ne pas envisager la technologie audio sur les appareils mobiles traditionnels ?

Si l’ensemble de la population était équippée, un service audio et vidéo pourrait valoir la peine d’être considéré. Mais le manque d’électricité dans les villages et l’écoute difficile à l’extèrieur représentent un obstacle majeur. De plus, il s’agit de toucher des individus qui ne possèdent pas ce genre d’appareils, et il serait trop coûteux de les équiper. Les contenus ne durent souvent qu’une minute. Bien qu’elle suffise pour transmettre un concept, 10 ou 20 minutes sont requises pour un enseignement en profondeur. On s’aperçoit aussi que les plus marginalisés sont également ceux qui ne possèdent pas un Smartphone : au Ghana, seulement 11 % des femmes des zones rurales de la moitié nord du pays possédent leur propre téléphone. À l’heure actuelle, de nombreuses femmes utilisent le téléphone de leur mari, et ont donc un accès réduit aux connaissances issues d’un téléphone mobile. Avec le temps, la situation changera et de nombreux contenus aujourd’hui destinés à la radio ou aux livres audio seront adaptés aux téléphones mobiles.