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Traduire des données complexes en articles accessibles

Chris Addison

Cela paraît simple : les données ouvertes sont libres d’accès pour tout le monde. Cependant, tous les journalistes ne sont pas conscients de la disponibilité de ces données ouvertes, ou ne savent pas comment les utiliser lorsqu’ils écrivent sur la sécurité alimentaire ou les changements majeurs que subit l’agriculture.

Le bon journalisme ne s’appuie pas sur des opinions, mais sur des informations basées sur des faits. L’accès à des données fiables est important, mais le journaliste doit également comprendre comment interpréter les données. Par exemple, Paida Kadzakumanja écrit pour The Nation, au Malawi. Elle enquête sur les défis auxquels fait face le Farm Input Subsidy Programme mis en place par le pays, basant ses articles sur diverses sources de données et illustrant ainsi comment l’accès aux données permet aux journalistes de faire état de la progression des programmes gouvernementaux, plutôt que de simplement relayer des opinions.

Elle faisait partie d’un groupe de journalistes ayant participé à la Formation sur les données ouvertes destinée aux journalistes, du 25 au 28 juillet 2016. Cette formation était co-organisée par le CTA et le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Elle avait pour objectif de donner des conseils pratiques sur les données ouvertes pour les membres du Réseau de journalistes du Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA), soit le cadre de travail pour l’amélioration de la sécurité alimentaire et la nutrition sur le continent, et pour l’augmentation des revenus dans les économies africaines largement axées sur l’agriculture.

Intermédiateurs

Les journalistes sont des partenaires clés dans la communication et la facilitation du dialogue en agriculture. Lancé en 2013, le Réseau de journalistes du PDDAA vise à offrir aux journalistes africains des connaissances sur les questions et débats plus vastes liés au développement agricole sur le continent.

Les journalistes sont des intermédiaires essentiels à la traduction des données ouvertes en information contextuelle et accessible pour un auditoire et des utilisateurs finaux spécifiques. « Améliorer la capacité des journalistes à chercher des données ouvertes et à travailler avec ces dernières pourrait permettre de parvenir au but ultime qu’est la demande de données de la part des groupes de la société civile et des organisations d’agriculteurs afin de suivre les progrès visant à atteindre les objectifs consentis en matière d’investissements et de production tant à l’échelle nationale que continentale », explique Isaura Lopes Ramos, coordinatrice de projet sur les données ouvertes au CTA.

Dans le cadre de la formation, les participants ont découvert les concepts de données ouvertes, où ils peuvent les trouver et comment ils doivent les utiliser. Les journalistes ont appris à transformer les données en récits, tableaux, cartes et infographies dignes d’intérêt. Comme Natasha Mhango, directrice de publication des informations agricoles au ministère de l’Agriculture et de l’Élevage de Zambie. Elle a pu améliorer ses compétences lors de la formation et, grâce au mentorat du Local Development Research Institute (LDRI), elle s’est appuyée sur les données ouvertes pour écrire sur les principaux problèmes en agriculture et en nutrition en Zambie. Elle s’est servie des données ouvertes pour rédiger des articles sur la stabilisation de la productivité agricole en Zambie et sur les retards de croissance chez l’enfant causés par la malnutrition.

Du contenu orienté vers la recherche

La formation l’a aidée à chercher dans les sources de données de manière plus efficace et sécuritaire, et à mieux les interpréter, ce qui est important étant donné que ces articles seront utilisés par des exploitants agricoles pour améliorer leurs pratiques d’agriculture. « Je tombe souvent sur des données en vrac, pour ainsi dire. La session pratique de la formation sur le filtrage des données m’a donc été très utile, en me facilitant les tâches d’interprétation et de présentation des données. »

GODAN Action : Capacity Development for data-driven journalism in Africa

An open data training course for journalists took place from 25 until 28 July 2016 in Nairobi, Kenya. The aim was to create awareness of open data among media practitioners. The training provided members of the CAADP Journalists Network with practical tips for using open data.

À la fin de la formation, les participants ont été encouragés à produire du contenu basé sur les données ou études tous les six mois, sous le mentorat du LDRI. Ce contenu est publié par leur propre organisation, en ligne et hors ligne, ainsi que sur Transform Agriculture, le site web du Network for Agricultural Transformation in Africa.    

Cette formation faisait partie du projet GODAN Action sur les données ouvertes. Le CTA a participé à la création d’un groupe de travail sur le développement des capacités au sein de GODAN, pour les individus et institutions souhaitant collaborer à des initiatives de données ouvertes en agriculture et en nutrition. L’objectif de ce groupe de travail est de promouvoir les connaissances sur les données ouvertes, et de sensibiliser aux initiatives, innovations et pratiques d’excellence en matière de données ouvertes.

Liens associés 

Vidéo de l’atelier sur le site web du CTA
Site web de Transform Agriculture

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