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Des partenariats pour renforcer l’impact des données météorologiques ouvertes

ICT Update

Le réchauffement climatique affecte le cycle de l’eau, ce qui impacte négativement la production agricole et perturbe les cycles météorologiques, utilisés dans les prévisions, et les cycles des saisons agricoles. L’utilisation des données météorologiques aide les petits agriculteurs à atténuer cet impact et à augmenter leur production. Pour y arriver, il y a lieu de mettre en place des partenariats multiacteurs – public-privé et pragmatiques.

Les petits agriculteurs ont besoin de pluies pour produire et ils sont parfois désorientés par les caprices de la météo. Il est donc nécessaire d’insister sur l’importance des technologies dans la localisation de la météo agronomique locale. Ces technologies incluent des instruments de collecte de données qui aident à interpréter et adapter les données agricoles afin qu’elles puissent être intégrées dans un plan de gestion du choix des cultures, au niveau des exploitations. Si cette dimension numérique améliore l’efficacité, elle a aussi des inconvénients. En effet, la surabondance de données météorologiques recueillies impose de mettre en œuvre des processus de traitement des données efficaces, ce qui a un coût. 

Les investissements nécessaires pour produire ce genre de statistiques et les rendre accessibles aux fournisseurs de services nécessitent la création de partenariats public-privé pragmatiques (ou « PPPP ») qui encouragent des interactions mutuellement bénéfiques entre les partenaires internes et externes, ou les opérateurs, qui partagent leurs connaissances, ressources et expertise pour lancer les investissements en faveur de l’agriculture et des technologies météorologiques.

Le projet GODAN Action, (Global Open Data for Agriculture and Nutrition, données ouvertes mondiales pour l’agriculture et la nutrition) encourage systématiquement les efforts de développement des connaissances qui soutiennent la prise de décisions agricoles bien documentées, afin de recommander des cultures susceptibles d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle grâce à la promotion de partenariats entre divers acteurs. Conscient de la nécessité de faciliter l’utilisation efficace de données ouvertes pour relever les défis de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, le réseau GODAN de producteurs de données, d’utilisateurs de données et d’infomédiaires opère par le biais de partenariats de soutien afin de renforcer les capacités collaboratives des parties prenantes. Il a ainsi participé au Forum AMCOMET Africa Hydromet 2017, avec la participation de partenaires africains, comme le Centre régional de cartographie de ressources pour le développement (RCMRD), le Programme pour le développement des capacités agricoles en Afrique (P4ACAD Africa) et le Centre de mise en réseau et d’échange d’information (CANIS) de l’Université de Nairobi. L’objectif était de montrer comment les données météorologiques peuvent être utilisées pour stimuler la fourniture de données sur l’alimentation et la nutrition en vue de la prise de décisions dans ce domaine, par le biais de la coopération et de partenariats.

Stages d’apprentissage

P4ACAD Africa, une organisation créée en vue de promouvoir une initiative d’alignement de données dans des écoles supérieures et des universités d’Afrique, a présenté un modèle d’acquisition de données par le biais de hubs agricoles, technologiques et de services de vulgarisation (Hubs aTex – Agriculture, Technology and Extension) d’agriculteurs et d’étudiants. Ces hubs permettent de diffuser de nouvelles connaissances ou informations aux petits agriculteurs, via des étudiants qui participent à un programme d’apprentissage par l’expérience. Lors des interactions entre agriculteurs et étudiants, ces derniers utilisent des appareils simples de collecte de données – par exemple des GPS ou des téléphones portables ainsi que des appareils photo numériques pour capturer des données critiques sur les activités agricoles. Ces étudiants se procurent aussi des informations et développent leurs connaissances au travers d’études, dans les facultés universitaires/établissements d’enseignement supérieur ou auprès d’acteurs du développement, ou encore par le biais d’une plateforme de connaissances contextualisées – EPIC – développée grâce à l’intelligence artificielle, qui permet d’anticiper les questions qui sont habituellement posées. Les coopératives agricoles pèsent les produits agricoles des agriculteurs dans les centres de collecte à l’aide de balances digitales. Les données ainsi générées sont utilisées pour calculer les montants à payer aux agriculteurs une fois que la coopérative a été payée en vendant les produits des agriculteurs. 

Les agriculteurs regroupés au sein de coopératives doivent avoir les moyens d’investir dans l’infrastructure TIC, hébergée dans les Hubs aTex. Le hub organise les données satellitaires et enregistrées par des appareils équipés de capteurs, comme les drones, et peut ainsi conseiller les petits exploitants. En raison du manque de ressources des petits exploitants, les gouvernements au niveau national ou sous-national, les partenaires du développement, les instituts de recherche, les universités et le secteur privé mettent en place le cadre de coopération nécessaire à la mobilisation de ressources de nombreux acteurs, la clé de la pérennisation de l’initiative. 

Il est urgent de constituer des partenariats locaux et internationaux travaillant dans le domaine des données météorologiques et l’évaluation de leur impact, car le débat sur la chaîne de valeur agricole a systématiquement occulté le problème de la variabilité climatique. Davantage d’efforts devront être consentis pour mieux comprendre la variabilité du climat liée au réchauffement climatique. Les agriculteurs doivent pouvoir compter sur ces données précises pour savoir quand utiliser les systèmes de barrage pour irriguer leurs terres plutôt que de recourir à l’irrigation pluviale. La situation est en effet critique en Afrique où les agriculteurs continuent à compter sur les pluies (vu la rareté des méthodes d’irrigation). Cette transition est d’autant plus critique aujourd’hui que les précipitations sont de plus en plus imprévisibles mais que l’agriculture doit produire davantage de nourriture pour répondre aux besoins d’une population toujours plus nombreuse.

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