Eau, sol et données

Au Swaziland, un SIG permet de cerner les zones propices à l’irrigation

Doctor Lukhele

Au Swaziland, un projet détermine les zones irrigables au moyen d’un SIG et de la télédétection. Les données sont analysées pour rendre la gestion du projet plus efficace.

Les sécheresses sont fréquentes dans la région du Lower Usuthu au Swaziland. Avec son climat semi-aride, les paysans locaux parviennent à peine à se nourrir. Le revenu annuel moyen est de cent dollars par habitant, et le restera sans doute si les paysans ne peuvent compter que sur la pluie pour arroser leurs récoltes.

Des recherches menées dans cette région laissent toutefois à penser que l’irrigation des terres permettrait d’arriver à des rendements analogues à ceux des exploitations commerciales avoisinantes. Plusieurs paysans de la région se sont récemment lancés dans de petits programmes d’irrigation pour cultiver la canne à sucre, avec de bons résultats (105 tonnes par hectare).

C’est sur cette base qu’une entreprise publique locale, Swaziland Water and Agricultural Development Enterprise (SWADE), s’est associée à divers partenaires locaux et internationaux pour développer un grand programme d’irrigation régional. Le projet LUSIP (Lower Usuthu smallholder irrigation) se propose de construire les infrastructures principales, dont trois bassins de rétention des eaux déviées du fleuve Lower Usuthu.

Dans un premier temps, ce projet permettra à 2 600 ménages d’irriguer 6 500 hectares de terres. Pour la première fois, les paysans du crû vont pouvoir passer de l’agriculture de subsistance à la culture de rente et augmenter leurs revenus. 800 hectares sont déjà irrigués, des travaux sont en cours pour en irriguer 5 000 de plus.

Une localisation précise

La télédétection et les systèmes d’information géographique (SIG) sont au cœur de la planification et de la gestion du projet. Leurs données aident les paysans à tirer le meilleur parti des nouvelles terres irriguées. Les données SIG, par exemple, sont analysées pour définir les zones irrigables, montrer les types de sol et recenser les sources d’eau existantes. L’équipe a rendu visite aux paysans pour les conseiller dans le choix des variétés à cultiver, en fonction des conditions locales.

SWADE se sert aussi de données géoréférencées pour établir la carte des ménages nécessitant un accompagnement : ceux dont les revenus ou le rendement des terres sont particulièrement faibles. Ces cartes servent aussi à établir un cadastre et à délimiter des équipements collectifs comme des écoles et des cliniques.

Tout au long du projet, l’équipe a actualisé les cartes et les données SIG pour garder une trace de ses activités. Elle consigne actuellement la localisation exacte des ménages qui bénéficient de l’irrigation ou de services du projet (formation et conseils agricoles). Le fait de savoir exactement quels paysans participent au projet et quels sont ceux qui ont déjà été contactés permet aux gestionnaires de suivre les progrès, de planifier les activités et d’éviter les redondances ou le gaspillage des ressources en se rendant dans des foyers qui ne sont pas directement concernés par le projet.

Expérience de croissance

Une autre activité importante du LUSIP consiste à tenir le public au courant des avantages et des avancées du projet. La communication avec les habitants des zones irriguées se fait essentiellement via des rencontres. Les collaborateurs organisent régulièrement des réunions villageoises et rencontrent les chefs traditionnels et les paysans pour les aviser des dernières évolutions du projet et pour dispenser des formations aux nouvelles techniques agricoles et d’irrigation.

Grâce au projet, des paysans ont également pu se rendre dans d’autres parties du pays pour se confronter à des techniques susceptibles de convenir à leurs nouvelles cultures. LUSIP dispose d’une parcelle de démonstration pour montrer et tester la rentabilité des cultures. Un centre d’information a été spécialement créé pour organiser des ateliers et permettre aux paysans d’y poser des questions et y trouver des réponses.

Les informations dispensées lors des cours de formation, des ateliers et des réunions sont relayées par la radio, la télévision et des articles de journaux. La radio est un vecteur très important pour le projet, dont le personnel participe régulièrement à des programmes radio nationaux pour faire le point sur les nouvelles techniques agricoles et les opportunités commerciales. Les émissions de radio permettent au grand public de prendre connaissance du projet et des avantages de l’irrigation.

Tout au long du projet, SWADE s’est servi de systèmes de gestion de l’information pour affiner et consigner ses processus d’installation de systèmes d’irrigation dans la zone du Lower Usuthu. Cet archivage précis de la méthodologie permettra de reproduire le projet de manière efficace dans d’autres zones du Swaziland. SWADE incite celles et ceux qui travaillent sur des projets analogues en Afrique à visiter le projet LUSIP pour confronter leurs idées, dans l’espoir que d’autres s’inspirent de cet exemple pour développer des programmes d’irrigation ailleurs sur le continent.

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Doctor Lukhele is chief executive officer of Swaziland Water and Agricultural Development Enterprise ( www.swade.co.sz)

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Ressources corrélées

Organisations partenaires associées au projet d’irrigation des petits paysans du Lower Usuthu

Fonds international pour le développement agricole
www.ifad.org

Office des eaux du bassin de Komati
www.kobwa.co.za

30 août 2010

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