Paré pour la nouveauté

Des écoles rurales ghanéennes se préparent à accueillir Internet

Patrick Kpikpi

Vu l’extension d’Internet au Ghana, un projet veut aider les écoles à profiter au maximum du web et les communautés rurales à se familiariser à cette technologie.

Internet s’étend rapidement au Ghana. Plusieurs sociétés de télécommunication proposent des services concurrentiels et les opérateurs de téléphonie mobile élargissent leur offre pour inclure un accès à Internet sans fil dans tout le pays. Ces réseaux s’étendent régulièrement, jusques et y compris dans les zones les plus reculées.

Les TIC en général et Internet en particulier faisant de plus en plus partie du quotidien du Ghanéen moyen, certains ont voulu aider les écoles et les communautés rurales à tirer le meilleur parti de cette nouvelle technologie. Le projet Ghana Schools (PGS) est un partenariat public-privé entre la société ghanéenne Media Systems and Technology Limited et le ministère ghanéen de l’éducation nationale.

Créé en 2008, ce projet utilise les TIC pour accompagner les étudiants dans l’acquisition de nouvelles connaissances. Il leur apprend à se servir des TIC pour compléter leur cursus, améliorer leurs connaissances générales, les préparer à leur futur emploi et créer leur propre entreprise. Les étudiants sont formés à l’utilisation des programmes informatiques de base hors connexion, qu’il s’agisse de logiciels payants comme Microsoft Office ou de gratuiciels (open source).

Ce projet se déploie actuellement dans une école primaire de la région de la Volta, dans le sud-est du pays. Comme l’endroit n’est pas équipé de lignes téléphoniques, l’école accède à Internet via un réseau sans fil. Sur place, un volontaire aide le corps enseignant et les étudiants à se connecter et leur apprend à se servir d’Internet pour leur travail et leurs études. Les professeurs sont encouragés à effectuer des recherches sur les matières qu’ils enseignent et à utiliser Internet pour découvrir de nouvelles méthodes pédagogiques.

Le programme Sister Schools est un autre volet du projet, qui aide les écoles ghanéennes à se jumeler avec d’autres écoles à travers le monde. Les professeurs peuvent chercher des écoles pour permettre à leurs étudiants d’échanger des informations avec d’autres jeunes du monde entier.

Le projet aide aussi les écoles à créer leur propre site sur le portail Ghana Schools, afin d’y promouvoir leur enseignement. Elles peuvent y détailler les filières proposées pour faciliter le choix des parents.

De nombreuses écoles ghanéennes dispensent aussi le cursus britannique et des formations en anglais. En utilisant le web pour faire connaître ces services à l’étranger et dans l’ensemble des pays francophones d’Afrique de l’Ouest, les écoles peuvent attirer des étudiants financés par le privé pour accroître leur revenu annuel.

Vitrine pour entreprises

PGS va par ailleurs développer des centres de téléapprentissage dans les communautés rurales afin de former la population au maniement de base du web et les préparer à sa venue. Le projet démarrera par des « tournées » en 2011 : l’équipe PGS ira d’une communauté à l’autre présenter les TIC et sensibiliser la population aux possibilités offertes, surtout par Internet. L’équipe espère susciter un intérêt suffisant et prouver la viabilité commerciale aux entreprises locales. Les entreprises seront incitées à développer des services et à proposer des ressources et à apporter un appui aux centres communautaires de téléapprentissage.

Au départ, les centres disposeront d’ordinateurs et de cédéroms reprenant des sites web pertinents et utiles à des communautés rurales. Ceux qui se rendront dans ces centres pourront y apprendre à faire des recherches sur la toile et à utiliser d’autres programmes hors connexion. PGS aimerait que les paysans adhèrent au téléapprentissage pour faire de meilleures affaires. Ils seraient alors mieux armés pour suivre les prix du marché, trouver de nouveaux acheteurs, promouvoir leurs produits et apprendre à cultiver de nouvelles variétés. Les métiers d’artisanat traditionnel pourraient également trouver de nouveaux débouchés pour leurs produits à l’étranger.

Pour l’heure, la plupart de ces entreprises utilisent le portable pour obtenir des informations commerciales mais avec l’extension progressive d’Internet, l’équipe du projet estime qu’elles devraient également maîtriser la consultation du web par ordinateur. Elle incitera les entrepreneurs ruraux à développer des méthodes qui intègrent la technologie mobile et les applications en ligne.

Dans les écoles, en revanche, PGS ne s’intéressera qu’à l’informatique. La petitesse des écrans des portables font qu’ils ne peuvent afficher qu’un nombre d’informations limité, ce qui ne permet pas de montrer les utilisations pratiques d’Internet à un groupe d’étudiants.

PGS s’attend à ce que les possibilités d’emploi et d’affaires se multiplient pour les jeunes à partir du moment où ils connaîtront mieux ces technologies omniprésentes. Pour les producteurs ruraux, l’accès à Internet sera synonyme d’augmentation des recettes et de développement de l’économie locale. Pour atteindre le plus de monde possible, le projet espère étendre son activité aux établissements secondaires de tous les districts du pays, le but ultime étant d’installer au moins un ordinateur dans chaque école ghanéenne.

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Patrick Kpikpi est directeur et fondateur du projet Ghana Schools Ghana Schools Project.

31 janvier 2011

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