Miser sur tous les tableaux

Stephen Cassidy

Il n’est pas toujours facile pour les grandes organisations d’atteindre un public spécifique car leur champ d’action couvre des domaines d’une très grande diversité. Un des moyens d’y remédier est de faire en sorte que ces informations soient extrêmement faciles à trouver.

Jusqu’à une date récente, les moyens de communication de masse étaient concentrés de manière exclusive dans les mains des grandes entreprises et des gouvernements. L’arrivée d’Internet et des technologies numériques a cependant mis la communication de masse à la portée de l’homme et de la femme de la rue.

Dans un contexte marqué par une telle abondance d’informations disponibles, il n’est pas facile pour des organisations telles que l’UNICEF d’atteindre des publics spécifiques, en particulier parce que nous produisons nous-mêmes des contenus d’une grande diversité. Les personnes qui consultent notre site Internet ne s’intéressent peut-être qu’aux programmes issus du Bangladesh par exemple, tandis que d’autres sont à la recherche de données sur le VIH-Sida. Si nous voulons que notre message soit entendu, nous devons nous assurer qu’il est facile à trouver. Un des moyens d’y parvenir est de diffuser nos informations le plus largement possible, et cela signifie utiliser tous les supports à notre disposition : télévision, radio, texte en version électronique et en version papier, et désormais aussi podcasting. C’est un peu comme un jeu de roulette dans lequel le public serait la boule dont on sait pas à l’avance dans quelle case elle va se poser. A la roulette cependant, si l’on répartit ses pions sur tous les numéros de la table, on est sûr de gagner.

Depuis le lancement de notre service de podcasts en juillet 2005, nous n’avons cessé de développer ce vaste flot d’informations en croissance constante. Il s’agit pour nous d’offrir au plus grand nombre la possibilité de mieux connaître notre action et éventuellement de nous soutenir. A l’heure actuelle, notre site Internet propose plus de 200 fichiers podcast, auxquels l’on peut s’abonner gratuitement. Cet abonnement permet de recevoir les mises à jour automatiques ou tous les nouveaux podcasts. Tous nos podcasts sont stockés dans nos archives qui permettent à l’utilisateur de télécharger à part tout document jugé intéressant.

Audience future

Le podcasting est un média peu coûteux. Il y a à peine 10 ans, pour créer une station de radio, il fallait forcément emprunter de l’argent à droite et à gauche, puis choisir soigneusement l’emplacement de l’émetteur et demander une licence aux autorités. De nos jours, l’émetteur est en fait n’importe quelle connexion Internet et en théorie, le champ de réception est donc à l’échelle de la planète. En effet, une fois le podcast produit et « émis », il peut être non seulement téléchargé, mais aussi sauvegardé et éventuellement rediffusé, par toute personne disposant d’une connexion Internet partout dans le monde. C’est aussi une bonne illustration du concept de la « longue traîne », dans lequel les contenus créés aujourd’hui ont pratiquement la vie éternelle. On peut y accéder à tout moment, les réutiliser et les transmettre à d’autres personnes intéressées.

Le fait que ces fichiers audio puissent rester disponibles aussi longtemps, sur notre site Internet ou sur d’autres ordinateurs et lecteurs de médias, nous donne la possibilité d’atteindre à terme aussi un public qui n’a pas besoin de nos informations aujourd’hui mais en aura peut-être besoin un jour. Cet aspect prend une importance encore plus marquée lorsqu’on pense au nombre de gens qui actuellement ne disposent pas encore de connexion Internet. Ces informations seront encore là lorsqu’un jour ils auront accès à Internet, et elles seront toujours disponibles lorsqu’ils en auront besoin. Les contenus produits à l’heure actuelle seront ainsi à la disposition d’une audience que nous n’avons pas encore.

Priorités

Il est aussi très encourageant de constater que les populations des pays en développement sont de plus en plus connectées au reste du monde. Il m’est arrivé dans des régions rurales très isolées de rencontrer un agriculteur qui n’avait pas de chaussures mais avait bien un téléphone portable, et c’est parce que parfois, la recherche du contact est un besoin viscéralement humain qui dépasse certaines autres priorités. En tant qu’espèce, nous ressentons le besoin de nous parler les uns aux autres. Bientôt, grâce aux nouvelles avancées de la technologie notamment en matière d’Internet mobile, cet agriculteur sera beaucoup plus proche du reste du monde et le fait que sa ferme soit ou non dans une région rurale, isolée de tout, n’aura plus aucune importance. Cette personne disposera bientôt du même accès au flot toujours croissant d’informations généré continuellement de nos jours.

L’objectif véritable de l’UNICEF est de diffuser nos informations sur le plus grand nombre possible de supports, et le podcasting est l’un de ces supports. Il est clair pour nous que unicef.org ne sera jamais le site Internet le plus visité au monde, mais tant que nous avons des choses intéressantes à dire, des choses qui intéressent les gens, alors la forme importe peu. L’UNICEF tente de le faire à la télévision, j’espère que nous y parvenons à la radio et dans nos textes écrits, et bien sûr que nous continuerons à le faire par biais des podcasts.

Lauréat d’un Emmy Award, Stephen Cassidy est journaliste, ancien vice-directeur général de CNN et actuellement chef de la division Internet, Télévision & Image au siège de l’UNICEF à New York.

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10 juillet 2007

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