ICT Update, un bulletin d'alerte pour l'agriculture ACP

avril 2003

NTIC et mouche de la carambole

Shantanu Mathur

Un projet du FIDA visant à éradiquer la mouche de la carambole au Surinam et en Guyane française utilise la technologie satellite pour cibler efficacement les zones infestées.

Les NTIC deviennent un instrument indispensable des méthodes classiques de contrôle tout comme des stratégies de gestion intégrée des ravageurs visant la réduction des infestations de ravageurs à des niveaux maîtrisables ou l’éradication complète des ravageurs en question. Les NTIC ont prouvé leur valeur dans le diagnostic et l’identification rapide des ravageurs, la conception et la planification de réponses efficaces, le choix et la mise en œuvre de la stratégie d’éradication la mieux adaptée, et les mesures de quarantaine post-campagne.

Le projet sur la mouche de la carambole du Fonds international de développement agricole (FIDA) utilise à la fois des technologies de communication modernes et des modes traditionnels de diffusion des informations pour éradiquer ce ravageur qui détruit les sources de revenus des petits producteurs fruitiers au Surinam et en Guyane française.

Au milieu des années 90, la présence de la mouche de la carambole représentait une grave menace pour la production et la commercialisation des fruits et des légumes dans les pays d’Amérique centrale, d’Amérique du Sud et des Caraïbes. Les entomologistes ont identifié 236 espèces différentes de fruits-hôtes, et des études ont montré que la dissémination initiale de la mouche de la carambole était liée à l’accroissement de l’arboriculture fruitière et au transport et à la commercialisation de produits contaminés. On a découvert également que la mouche de la carambole était extrêmement mobile et pouvait migrer sur des distances de plus de 50 km.

Diverses NTIC ont été utilisées pour déterminer la zone de distribution de ce ravageur, mais c’est tout simplement le fax qui s’est révélé être le moyen le plus efficace de diffusion d’informations telles que des données issues d’enquêtes, bulletins, photographies et cartes aériennes. On a remarqué que la mouche de la carambole n’était pas arrêtée par les obstacles naturels, tels que des forêts denses, ou par des poches isolées d’arboriculture fruitière. Compte tenu du volume croissant du commerce non officiel de fruits entre les différents pays de la région, il était indispensable de réagir au plus vite.

La clé de cette stratégie de lutte contre les ravageurs est la technique dite de « destruction des mâles » qui implique l’utilisation d’un puissant appât mêlé à un bio-insecticide. Les mouches mâles étant attirées par ce leurre et tuées par l’insecticide, la population mâle est réduite à un niveau qui rend impossible toute reproduction, ce qui conduit donc à l’éradication. Des blocs de fibres imprégnés de ce mélange sont disséminés par des avions ultra-légers équipés d’un simple système d’information géographique (SIG) ou d’un système de positionnement par satellite (GPS) afin de garantir la couverture complète de la zone infestée qui englobe plusieurs pays.

Cette stratégie basée sur les NTIC - utilisant des technologies allant de documents écrits à des supports multimédias et à la télédétection - a sans aucun doute contribué à l’efficacité et à la réussite des programmes d’éradication. Les NTIC ont également été utilisées pour soutenir une campagne de relations publiques et un programme de vulgarisation agricole permettant aux communautés rurales de mieux comprendre cette opération et d’y participer. La radio, la télévision et des séances vidéo en groupes ont servi à renforcer les capacités institutionnelles locales, notamment en matière de formation, de surveillance environnementale et de programmes de recherche destinés à fournir des informations utiles pour le développement de techniques de détection, de contrôle et d’éradication de la mouche de la carambole.

Le succès de la campagne de lutte contre la mouche de la carambole est lié en grande partie à la mise en place d’un cadre régional organisationnel efficace de concertation des efforts de détection, de contrôle et d’éradication de la mouche de la carambole. Une plate-forme utilisant des technologies modernes de diffusion par voie électronique des informations en combinaison avec des réseaux traditionnels de diffusion des connaissances a permis d’assurer la coordination des contributions des scientifiques, des techniciens et des gestionnaires.

Bien que ce projet ait réduit à zéro les populations de ravageurs dans la plupart des zones infestées, son financement futur reste incertain. Il serait dommage que ce remarquable effort soit abandonné, faute de fonds, avant l’éradication totale de la mouche de la carambole des quelques régions où elle sévit encore.

Pour de plus amples informations sur les programmes de lutte biologique du FIDA, consultez : www.ifad.org/events/past/anniv/bio.htm.

Shantanu Mathur est coordinateur des bourses de recherches au FIDA.

25 avril 2003



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