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Créer un environnement propice

© Flickr/Worldbank

L’agriculture des pays ACP passe à côté du potentiel des TIC. L’application systématique des solutions TIC doit encore y trouver sa place, de même que les conditions propices à un plus grand impact des TIC sur les programmes de développement agricole.

L’émergence des TIC dans le processus de développement s’est traduite par de profondes mutations sectorielles dans diverses économies. Les TIC ont largement contribué à dynamiser les échanges d’information et de savoir au travers de diverses plates-formes telles que le téléphone portable, qui apparaît aujourd’hui comme la principale plate-forme de distribution. Les connexions Internet à haut débit ont amélioré les échanges de savoirs entre les individus, les institutions, voire les gouvernements. De la banque à l’industrie, de l’éducation à la gouvernance, les TIC ont créé des emplois, réduit les coûts de transaction, amélioré le délai de fourniture des services et, de manière générale, l’efficacité, la transparence et la bonne gouvernance.

Dans la plupart des pays ACP, le secteur agricole doit encore tirer parti des TIC. Et ce quels que soient l’essor dynamique des TIC et leur évolution constante, synonymes de temps à autre de nouvelles opportunités. Quel que soit l’impact des TIC sur l’agriculture – je songe ici à TradeNet au Ghana sur la diffusion des prix des marchés ouest-africains ou encore au récent porte-monnaie électronique pour la distribution des engrais au Nigeria – les TIC étaient censées profiter davantage au secteur et se limitent pour l’instant à des îlots de réussite.

Ce manque de réussite s’explique par l’incapacité à suivre une approche systématique dans l’usage des TIC pour qu’elles aient un effet plus global sur l’agriculture. En 2007, la Banque mondiale observait qu’à condition de mettre en place des cadres juridiques la fourniture de services bancaires et de paiement via les portables permettrait à un plus grand nombre de personnes de rejoindre le système financier formel. C’est ce qu’on voit actuellement dans de nombreux pays, notamment grâce à M-Pesa, le produit pionnier de la société kényane Safaricom. Ceci montre ce que peut apporter un environnement propice afin que tous profitent également des TIC dans le secteur agricole.

Qu’est-ce qu’un environnement propice ?

Un environnement propice aux TIC dans l’agriculture des pays ACP est un environnement au sein duquel tant les politiques que les pratiques, les infrastructures et les investissements généraux sont favorables aux TIC pour qu’elles puissent prospérer et favoriser les améliorations agricoles. Ceci appelle quelques questions essentielles :

  • quelles politiques ont été mises en place dans ces pays pour permettre aux TIC de jouer un rôle effectif dans le développement agricole ?
  • quels sont les niveaux d’investissement consentis dans les communications mobiles et dans l’accès à l’Internet mobile et à haut débit, surtout dans les zones rurales, afin que les TIC puissent plus facilement apporter des améliorations viables à l’agriculture ?
  • quelles sont les compétences dont disposent les citoyens pour tirer parti des TIC pour le développement de l’agriculture ?
  • quels projets professionnels agricoles ont été élaborés pour inciter les jeunes professionnels des TIC à investir leurs temps et leur moyens intellectuels ou autres dans l’agriculture ?

Autant d’angles d’attaque qui créeront un environnement propice à l’arrivée d’outils TIC efficaces dans le secteur agricole.

Ce thème de la conférence ICT4Ag offre l’occasion d’échanger des idées, des expériences et des propositions sur les moyens de créer un environnement propice sur le plan politique, des infrastructures, des compétences d’apprentissage, grâce à des apps et à une coopération électronique intersectorielle – entre l’e-agriculture et l’e-commerce / l’e-banking / l’e-gouvernance – de sorte que les TIC puissent influencer plus fortement la transformation du secteur agricole.

La conférence doit être une plate-forme d’échange d’informations, d’idées et de propositions qui renforcent la capacité des populations rurales à accéder et à utiliser les savoirs, les compétences et les matériels et qui leur permettent de profiter pleinement des outils TIC. Ce faisant, la conférence devrait générer diverses solutions répondant aux besoins des différents groupes cibles de l’agriculture et des filières agricoles.

C’est dans cet esprit que nous avons organisé le thème autour de huit sessions aux formats variables (groupe de discussion, café découverte et espace ouvert). Nous espérons ainsi concourir à la réalisation de trois objectifs :

  • appréhender clairement les défis environnementaux auxquels se heurte l’usage des TIC dans l’agriculture ;
  • élaborer des directives et des propositions concrètes en vue de renforcer, de transformer et de développer des communautés d’utilisateurs d’applications TIC au service de l’agriculture à différents niveaux (continental, régional et national) ;
  • mettre l’expertise à profit et créer des dispositifs adéquats pour renforcer à tous les niveaux les travaux visant à mettre les TIC au service de l’agriculture. 

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CTA se servira de la conférence comme d’une vitrine pour prouver que les TIC mettent les producteurs, transformateurs, négociants et autres acteurs de la filière réellement en capacité. Ce numéro donne un aperçu des applications TIC dans le domaine agricole, à l’approche de la conférence ICT4Ag qui se tiendra à Kigali (Rwanda), du 4 au 8 novembre.

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Les TIC excellent quand il s’agit d’accéder à l’information, de faciliter la communication, d’améliorer les prises de décision et d’élargir le périmètre des programmes de développement. Pour révéler tous leurs effets, les solutions TIC doivent néanmoins faire partie du quotidien.

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L’agriculture des pays ACP passe à côté du potentiel des TIC. L’application systématique des solutions TIC doit encore y trouver sa place, de même que les conditions propices à un plus grand impact des TIC sur les programmes de développement agricole.

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Entretien avec Lee Babcock, directeur de l’unité Mobile Strategy d’ACDI/VOCA, une organisation de développement économique basée à Washington, DC, États-Unis. ACDI/VOCA s’emploie à dégager des opportunités économiques pour les coopératives, les entreprises et les communautés par l’application innovante de pratiques commerciales saines.

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Entretien avec Eric White, associé et économiste principal chez Integra LLC, une société de développement international basée à Washington, DC, qui s’est spécialisée dans les politiques et applications TIC. Sa société met en œuvre le programme Global Broadband and Innovations de l’USAID.

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Entretien avec Dorothy Okello, maître de conférences à la Faculté d’ingénierie informatique et électrique du College of Engineering, Design, Art and Technology de l’université de Makerere (Kampala, Ouganda). En 2000, elle a fondé WOUGNET, le réseau des Ougandaises, qui a pour vocation de promouvoir et de soutenir l’utilisation des TIC par les femmes et les associations féminines d’Ouganda.

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