Leading image

De l'importance de la visualisation des données dans l'évaluation des projets du CTA

Figure 1: Four intricately connected components of CTA’s RDMS

© CTA

Comment qualifier, quantifier et décrypter l'impact d'un projet ? Le CTA s'est posé la question et a apporté une réponse en lançant une initiative de gestion des données relatives aux résultats des programmes. Objectif : s'assurer que les projets lancés répondent bien aux missions fixées par le centre et améliorer leur évaluation afin d'en tirer un maximum d'enseignements.

D’un point de vue stratégique, l’investissement du CTA – ou de toute autre agence de développement, qu’elle opère au niveau local, régional, national ou international – dans un système de suivi et d’évaluation (S&E) poursuit un quadruple objectif : transparence, apprentissage, prise de décision et visibilité. En principe, le S&E bénéficie d’un soutien très important au sein de la communauté du développement. La réalité du terrain est néanmoins souvent différente. La plupart des organisations – voire toutes ! – peinent à mettre en place et à gérer un système S&E pleinement opérationnel, capable de répondre à ces objectifs ambitieux.

Jusque récemment, l'un des principaux défis du CTA en matière de S&E résidait dans la capacité à mesurer précisément l'apport des projets du centre aux objectifs de son cadre logique institutionnel. Une solution a été trouvée : la visualisation des données. L’adoption de la suite d’outils décisionnels de Microsoft (Power BI) pour la visualisation des données a constitué la pierre angulaire du système de gestion des données relatives aux résultats (RDMS, Results Data Management System) récemment déployé par le CTA, qui est principalement axé sur le suivi et l’évaluation. Cette initiative, lancée en janvier 2019, a aussi permis d'affiner les indicateurs des cadres logiques spécifiques à des projets tout en leur attribuant un code. Enfin, les fonctionnalités de suivi des projets ont pu être adaptées dans la principale base de données de gestion des projets du CTA, baptisée DELTA.

Affiner les indicateurs des cadres logiques spécifiques à des projets et leur attribuer un code

En février 2019, l’unité Apprentissage, suivi et évaluation (ASE) du CTA a imaginé un exercice original qui impliquait tout le Centre. L'objectif consistait à mettre à jour 35 cadres logiques spécifiques à des projets, mais aussi favoriser une meilleure harmonisation entre les indicateurs au niveau des projets et ceux du cadre logique institutionnel – qui a été actualisé en 2018 avec l’accord de la Commission européenne. Afin de mener à bien cette initiative, l'ASE a pris plusieurs mesures (voir en haut à gauche de l'illustration 1) en :

  • veillant à ce que les indicateurs spécifiques aux projets répondent pleinement aux critères SMART (spécifique, mesurable, atteignable, réaliste et temporel), tout en leur laissant suffisamment de flexibilité dans la conception des cadres logiques afin de refléter la théorie du changement de chaque projet ;
  • assignant un code unique à chaque indicateur spécifique aux projets pour faciliter l’agrégation des valeurs au niveau institutionnel ;
  • spécifiant si chaque indicateur au niveau des projets entretient une relation directe ou indirecte avec un indicateur correspondant dans le cadre logique institutionnel.

Adapter les fonctionnalités de suivi de projet dans DELTA

En parallèle de l'harmonisation et de la codification des indicateurs du cadre logique, le service informatique du CTA a modifié les fonctionnalités de suivi de DELTA pour permettre la saisie systématique des données via des formulaire standardisés (voir en haut à droite de l'illustration 1).

Le formulaire type compte désormais 20 champs qui permettent de différencier les données relatives aux résultats bruts, à l'impact et aux réalisations. Ces champs incluent notamment le code du projet, la définition de l’indicateur, le code qui relie l’indicateur de projet à l’indicateur correspondant du cadre logique institutionnel, la cible et la valeur réelle de l’indicateur. Si possible, les données sont ventilées par genre, âge et emplacement géographique (pays et région). Enfin, des champs supplémentaires (comme la source de vérification et confirmation de validation de la saisie) ont été ajoutés pour améliorer l’intégrité, la cohérence et la précision des données.

Des solutions innovantes pour approfondir la visualisation des données

L'un des points forts de la suite Power BI (en bas à droite de l'illustration 1) réside dans la possibilité d’agréger des données depuis plusieurs bases de données – et pas simplement DELTA. Ainsi, des jeux de données sur des sujets insuffisamment couverts par DELTA (p. ex. des informations financières et des données sur les participants et événements) peuvent être directement importés dans Power BI à partir de fichiers Excel ou d’autres sources.

Les rapports issus de Power BI, disponibles depuis août 2019, permettent au CTA de suivre ses objectifs en matière d’impact, de résultats et de réalisations pour tous les cadres logiques dans DELTA. L'illustration 2 propose un aperçu graphique d'un rapport concernant le projet du CTA, « Des systèmes de données agricoles pour transformer l’agriculture à petite échelle (Data4Ag) ». Quant à l'illustration 3, elle montre comment des données numériques sont présentées sous forme de « feu de circulation » afin de refléter la progression relative vers les résultats attendus d’un autre projet du CTA « Transformer l'agriculture africaine - Les yeux dans le ciel pour des technologies intelligentes au sol ».

Ces deux visuels démontrent qu'il est possible d'observer l'évolution d'un projet sur un seul et même tableau grâce à la visualisation des données. Par ailleurs, nous remarquons que ces données peuvent être présentées sous différents formats et avec des niveaux de détail variés. La possibilité d’actualiser les données et de publier automatiquement des rapports pour fournir aux utilisateurs des informations à jour sont d'autres avantages fournis par la solution Power BI. L'émergence d’un référentiel commun sur l'interprétation des résultats permet au CTA de démontrer précisément comment des projets spécifiques contribuent aux objectifs de son cadre logique institutionnel. Le Centre, grâce à l’amélioration de la quantité comme de la qualité des données, est mieux armé pour utiliser le suivi et l’évaluation à des fins de transparence, d’apprentissage, de prise de décision et de visibilité. L’outil est relativement intuitif, tant côté développeur que côté utilisateur.

L'importance du facteur humain

Si le RDMS du CTA était une machine, alors nous pourrions affirmer que l’apport de la visualisation a permis d’améliorer considérablement ses performances. Son carburant, à savoir les données, est injecté via le feedback et les rapports de S&E (en bas à gauche de l'illustration 1). Comme pour toute machine, qu’il s’agisse d’une voiture ou d’un ordinateur, l'être humain ne peut se contenter de concevoir le produit fini : il est aussi responsable de son utilisation et de son entretien. C'est pourquoi l'illustration 1 comprend de nombreuses références aux unités et équipes de projet du CTA, ainsi qu’aux partenaires de mise en œuvre des projets. Sans la contribution de ces personnes, qui continuent de jouer un rôle majeur dans le développement du RDMS, il serait impossible de pérenniser un tel système.

Lire la suite

par

Pendant 20 ans, ICT Update a suivi et rendu compte de la révolution engendrée par la digitalisation de l'agriculture. Mais comment définir ce concept ? Selon le "Rapport sur la numérisation de l'agriculture africaine, 2018-2019", il désigne « l'utilisation de technologies, d’innovations et de données numériques pour transformer les modèles d'affaires et les pratiques au long de la chaîne de valeur agricole ». Ce numéro, qui sera malheureusement le dernier, met en lumière les dernières initiatives du CTA en la matière, ainsi que leur impact.

par

Comment qualifier, quantifier et décrypter l'impact d'un projet ? Le CTA s'est posé la question et a apporté une réponse en lançant une initiative de gestion des données relatives aux résultats des programmes. Objectif : s'assurer que les projets lancés répondent bien aux missions fixées par le centre et améliorer leur évaluation afin d'en tirer un maximum d'enseignements.

par

Le projet Data4Ag du CTA a favorisé le déploiement de solutions digitales en Afrique ces dernières années. Grâce à ces innovations, les organisations paysannes ont procédé à l'enregistrement de leurs membres et leur adresser des services ciblés. Les retombées sur le terrain ont été spectaculaires, mais des questions ont malgré tout émergé, notamment à propos de la collecte et de l'utilisation des données des agriculteurs. Le sujet des politiques à mettre en œuvre pour accompagner le développement a également été soulevé.

par

Le numérique contribue à transformer progressivement l'agriculture africaine en secteur à la pointe de la technologie. Grâce à l'apport de la donnée, les services se modernisent et les systèmes d'aide à la décision gagnent en efficacité. Les drones ou UAS (Unmanned Aerial System, Système aérien sans humain à bord) font partie intégrante de cette révolution.

par et

En Ouganda, le CTA travaille avec l'usine de thé d'Igara (IGTF) afin d'établir le profil numérique de ses agriculteurs affiliés et d'améliorer leurs pratiques en matière de gestion des données. Cet article détaille les impacts de ces initiatives, que ce soit pour les agriculteurs à titre individuel ou à l'échelle des coopératives. Les bénéfices liés à la collecte de données, et la manière dont elles pourraient être systématiquement intégrées dans les systèmes de suivi et d’évaluation des organisations paysannes, seront également au sommaire.

par et

Le changement climatique représente l'un des grands enjeux de notre siècle. Le défi est immense mais des solutions existent. Dans cet article, le Dr Oluyede Ajayi et Mariam Kadzamira détaillent comment le CTA a couplé l'assurance basée sur un indice climatique à d'autres services afin de renforcer la résilience de 140 000 familles de petits exploitants en Afrique australe.

par

Il existe aujourd'hui des solutions regroupant plusieurs services numériques capables de transformer l'agriculture en profondeur. De séduisantes perspectives s'ouvrent aux petits exploitants, mais attention cependant. Ces nouvelles « super plateformes » sont en effet complexes et leurs impacts doivent être soigneusement évalués avant d'envisager une diffusion à grande échelle en Afrique.

Derniers numéros

ICT Update N° 92

Le pouvoir de la digitalisation

ICT Update N° 91

L’agriculture ACP de nouvelle génération - Les innovations qui marchent

ICT Update N° 90

Les femmes et la digitalisation de l’agriculture

ICT Update N° 89

Data4Ag - De nouvelles opportunités pour les petits exploitants

ICT Update N° 88

Libérer le potentiel de la blockchain pour l’agriculture

Tous les magazines