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Effet d’entraînement

Creating a ripple effect

GM Services donne à des jeunes l’occasion d’accéder aux TIC et de s’en servir.

Depuis qu’il s’est doté d’une vaste politique en matière de TIC en 2002, le Mozambique a ouvert un grand nombre de « CPRD » (Centres provinciaux de ressources digitales) afin d’améliorer l’utilisation et l’accès aux TIC dans les zones reculées. Ces centres, qui regroupent en un même lieu des infrastructures, des compétences et des investissements dans les TIC, permettent de déployer des activités TIC à l’échelon provincial. Ils favorisent un usage local des TIC dans la plupart des secteurs de développement ainsi que le renforcement des capacités et le développement de contenus locaux.

Les premiers CPRD ont été créés en 2004 par l’Unité de mise en œuvre de la politique TIC, grâce à un financement du PNUD. Les services proposés vont des cours de formation à la maintenance des ordinateurs, en passant par l’administration de réseau, la conception de base de données et bien d’autres services jusqu’alors indisponibles au niveau provincial. Ces centres ont eu une telle incidence sur leurs provinces que le PNUD, Microsoft et le gouvernement italien ont accordé une rallonge financière qui a permis d’ouvrir des installations similaires dans six autres provinces mozambicaines entre 2005 et 2009.

Une initiative locale

Les CPRD ont largement contribué à réduire la fracture numérique dans le pays. En tant que pôles locaux multifonctionnels, ils desservent plusieurs secteurs et fournissent un point d’accès à Internet dans les zones rurales. Sans surprise, le gouvernement n’a pas été en mesure d’ouvrir des centres partout, faute d’infrastructures. C’est notamment le cas dans la province de Manica, à l’ouest du pays.

C’est là qu’est né GM Services, une initiative privée de mon mari, Guilherme Matola. GM Services est un petit cybercafé. Mon mari et moi utilisons sans cesse les TIC (PC, laptop, smartphone et Skype) dans nos vies professionnelle et privée. Certains qu’aucun CPRD ne serait implanté à Sussundenga – notre village, situé à une quarantaine de kilomètres de Chimoio, chef-lieu de la province de Manica – nous avons décidé d’y ouvrir notre propre cybercafé, l’idée étant de donner à des jeunes l’occasion d’accéder aux TIC et de s’en servir.

Nous avons créé notre société début 2013. Elle emploie quatre salariés, dont une femme. GM Services met des ordinateurs à la disposition des utilisateurs pour qu’ils puissent surfer sur la toile, envoyer des courriels et se servir de traitements de texte. Notre cybercafé dispose également d’un photocopieur, d’un scanner, d’un fax, et nous vendons du matériel scolaire et de bureau. Autrement, les étudiants devraient se rendre à Chimoio, la ville la plus proche, pour trouver les mêmes services. Nous dispensons aussi des cours d’initiation à l’informatique à des professeurs et à des étudiants des écoles primaires et secondaires, de même qu’à certains fonctionnaires et salariés d’entreprise.

Cette expérience nous a appris qu’un modeste investissement permettait de toucher un large public et l’aider à se former aux TIC et à communiquer avec d’autres régions, dans et hors du pays. Jusqu’ici, notre cybercafé accueille une cinquantaine de clients par jour. La plupart viennent pour chercher des informations sur Internet ou chatter avec des amis, la famille ou d’autres personnes en dehors du district. Nous avons également des fonctionnaires et des salariés du privé, notamment des marchands qui désirent connaître les prévisions météo et le cours de leurs produits.

Prochaines étapes

Nous avons ouvert notre cybercafé avec un budget de 15 000 dollars – le produit d’une petite entreprise de consultance que nous avions à Chimoio. Nous avons utilisé 10 000 dollars pour acheter du matériel d’occasion : six ordinateurs, une imprimante, un photocopieur et un logiciel de gestion du réseau. Les 5 000 dollars restants ont servi à rénover le bâtiment, qui était en piteux état.

La prochaine étape consistera à pérenniser le financement externe de GM Services au travers d’initiatives de développement locales. Grâce notamment à la stratégie « 7 millions », imaginée par le gouvernement pour soutenir les PME implantées en milieu rural. Des investissements complémentaires nous permettraient de vendre des portables, des ordinateurs, des livres et d’autres outils TIC à un prix abordable. Ils faciliteraient également l’acquisition d’équipements dernier cri et la modernisation de notre système. Autant d’outils indispensables pour venir en aide aux populations défavorisées de notre district.

Nous voudrions par ailleurs étendre nos services aux écoles, afin de mieux armer nos étudiants pour l’avenir. Un de nos objectifs consiste en effet à participer au développement de notre pays en proposant des formations et un accès aux TIC aux populations des zones rurales. Nous espérons que certains jeunes qui profitent de nos services développeront à leur tour des initiatives du même genre – pas seulement dans ce district mais dans d’autres parties du pays. Si notre exemple pouvait avoir un effet d’entraînement, il pourrait contribuer à alléger la pauvreté en milieu rural.

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