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Exploiter la demande

The session on ‘ICTs/mobile apps for access to financial services and insurance’ identified a number of lessons that will help improve the development of mobile financial services in ACP countries in the future.

La session consacrée aux « TIC/ apps mobiles pour l'accès aux services financiers et à l'assurance » a dégagé plusieurs leçons qui contribueront à améliorer le développement des services financiers mobiles dans les pays ACP.

Les services financiers mobiles ont la cote, du fait notamment de leur vaste marché potentiel : plus d’un milliard de personnes disposent en effet d’un portable sans avoir accès aux services bancaires. Au Rwanda, pays hôte de la conférence, la finance mobile s’inscrit dans un contexte différent des autres pays car le programme qui y est développé par le ministère de l’agriculture en collaboration avec Visa associe tous les opérateurs et toutes les grandes banques.

Cette session consacrée aux « TIC/ apps mobiles pour l'accès aux services financiers et à l'assurance » s’est déclinée autour de divers exposés convaincants et incontestables des réussites et échecs d’un programme de bons électroniques en Zambie, du test de services bancaires mobiles par la fondation Grameen avec le réseau CKW (Community Knowledge Worker) en Ouganda et d’une enquête sur les services financiers mobiles au Ghana.

L’enquête ghanéenne prouve que la demande est persistante. Or, sur la centaine de programmes de services bancaires mobiles testés en ce moment, un dixième seulement prendraient leur envol (c.-à-d. dépasseraient les 200 000 usagers) d’après la recherche effectuée par le GSMA et la Banque mondiale. Plusieurs raisons à cela:

  • des difficultés à trouver la bonne technologie;
  • le périmètre d’une banque, avec ses 100 000 clients, voire d’un réseau télécom avec son million d’abonnés, est trop faible pour être rentable;
  • l’idée de passer à des systèmes informels ne convainc pas les consommateurs potentiels car ils n’en perçoivent pas clairement l’avantage, ils se méfient des banques et beaucoup sont analphabètes et/ou financièrement illettrés. La recherche ghanéenne prouve l’existence d’un lien entre un haut niveau d’éducation et la prédisposition à l’argent mobile.

Leçons apprises

Les exemples zambien, ougandais et ghanéen discutés lors de cette session ont permis de dégager plusieurs leçons. Le fait, par exemple, qu’il y ait une forte demande pour ces technologies mais qu’elles ne décollent pas prouve que toute démarche de services financiers mobiles dans l’agriculture doit s’inspirer de la recherche sur les comportements des paysans en matière d’utilisation des espèces. L’impact doit en outre se mesurer aux résultats pour le développement. Dans l’exemple zambien des bons électroniques, la technologie doit non seulement fonctionner et s’ajuster, mais aussi améliorer la santé et les moyens d’existence. C’est cet dernier objectif qui a déterminé le concept de l’intervention, le cadre de suivi et les critères de réussite.

Il ne suffit pas de concevoir un bon logiciel ou un bon produit technologique pour qu’il suscite l’engouement. Les solutions doivent être conçues en fonction de l’expérience et des besoins des utilisateurs finaux autant que des modèles techniques et professionnels. « Un concept approprié suppose des investissements significatifs dans la recherche, la communication, le tâtonnement et l’expérimentation créative, le tout sur un mode fortement participatif qui assimile les paysans à des co-créateurs.

Il faut par ailleurs se rendre compte que la rentabilité s’inscrit sur le long terme. L’investissement initial dans une technologie nécessitera souvent un subside pour prouver la validité du modèle commercial aux partenaires du secteur privé. En Zambie, une entreprise locale de coton ne s’est rendu compte de la rentabilité et de l’efficacité de la technologie qu’après la phase initiale. Il se fait toutefois que l’entreprise a renoncé après la phase pilote car elle n’était pas certaine de vouloir s’investir dans un tel changement dans sa façon de faire habituelle (passer d’un système de paiement en espèces à un système de crédit). Grâce à de nouveaux financements de donateurs, le projet a redémarré.

Dans les zones rurales, l’adoption de nouvelles technologies dépend en grande partie de la création d’institutions locales ou de relations de confiance. Le modèle Grameen se fonde sur la preuve très tôt acquise que le modèle de l’agent local de gestion des connaissances était efficace pour établir la confiance. Parlant de confiance, un participant a donné l’exemple des banques conformes à la sharia et des banques éthiques comme Triodos, qui constituent une alternative intéressante.

Les premiers prestataires ont fait appel à des technologies et à des méthodes inhabituelles : les régulateurs les ont autorisés à s’aventurer en terre inconnue, comme ce fut le cas au Kenya. On peut néanmoins craindre que les gouvernements ne veuillent resserrer les boulons de la réglementation et n’étouffent l’innovation. Le rôle et les relations avec les régulateurs centraux sont donc essentiels. Développer ces relations est un élément crucial dans la mise en place d’un partenariat plurilatéral.

Initiative des bons électroniques en Zambie

En Zambie, MEDA aide notre partenaire local Zoona, une start-up de paiements par portable, à concevoir et à tester des bons électroniques agricoles. Avec ces bons, les petits producteurs peuvent recevoir certains paiements en liquide après livraison de leur produit, le reste étant acquitté via une carte à gratter électronique qui peut être libérée au fil du temps. Les paysans apprécient le côté sûr et pratique des cartes à gratter qui leur évitent de se promener avec de grosses sommes en liquide, qui pourraient être volées ou détruites par le feu, par exemple. Le bon est personnel, il ne sert à rien de le voler et comme l’argent est stocké sous forme électronique, il favorise l’épargne. En 2012, plus de 20 000 paysans ont utilisé des bons électroniques.

Streamer

Le fait par exemple, qu’il y ait une forte demande pour ces technologies mais qu’elles ne décollent pas prouve que toute démarche de services financiers mobiles dans l’agriculture doit s’inspirer de la recherche sur les comportements des paysans en matière d’utilisation des espèces.

Liens corrélés

Initiative « Community Knowledge Worker » de la Grameen Foundation en Ouganda

http://goo.gl/QsjrXA

mVisa, banque à distance au Rwanda

http://goo.gl/l526Ex

Initiative des bons électroniques, MEDA et Zoona en Zambie

http://goo.gl/D8OHZj

Étude de faisabilité des services bancaires mobiles au Ghana

http://goo.gl/EcF6wo

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