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Investissements climato-intelligents, promesses tenues !

Face au changement climatique et à ses conséquences, les entreprises adaptent leurs stratégies d’investissement vers des produits éthiques.

© Nestlé

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A la faveur d'investissements climato-intelligents à impact, le secteur privé entend combler les insuffisances de financement du développement agricole. Son but ? Atteindre les objectifs de développement durable tout en soutenant une nouvelle manière de créer et de partager la richesse.

« Pour le secteur privé, l'AIC (agriculture intelligente face au climat) représente une opportunité d'appuyer le développement durable par ses investissements », explique Viktoria Popova, responsable de l'assistance technique chez Incofin Investment Management, une société internationale d'investissement à impact basée à Bruxelles. L'entreprise pilote des investissements et activités de soutien au renforcement des capacités dans les pays émergents afin de favoriser le progrès inclusif.

 Face au changement climatique et à ses conséquences – en plus de la prise de conscience des consommateurs qui militent pour un environnement plus sain et se dirigent vers des produits éthiques –, un nombre croissant d'entreprises adaptent leurs stratégies d'investissement. Un virage s'opère : les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance sont davantage pris en considération, une tendance qui pousse les investisseurs à se détourner des secteurs dits nuisibles. La notion d'investissement « bénéfique » devient dès lors très importante dans les choix opérés. La SFI (Société financière internationale) précise que ces « investissements à impact » consistent à investir dans des entreprises, organisations, véhicules ou fonds dans le but de générer des impacts sociaux, économiques et environnementaux, positifs et mesurables, tout en assurant des retours financiers.

 « Nous pensons qu'investir dans des modèles économiques durables est une stratégie judicieuse, et nous sommes convaincus que l'agriculture a un rôle clé à jouer pour doubler la production mondiale, une nécessité afin de nourrir, demain, une population en constante hausse, précise Mme Popova. Considérant sa propension à produire des effets négatifs sur l'environnement et sa vulnérabilité face au climat, l'agriculture doit devenir plus durable sur le plan environnemental. » En collaborant avec des organismes de microfinance, des associations de producteurs et d'autres acteurs de la chaîne de valeur, Incofin cherche à déployer le potentiel de l'agriculture sur des marchés identifiés comme stratégiques.

La finance pour appuyer la durabilité et la résilience

 « Nous parlons d'investissements climato-intelligents car nous comprenons que pour répondre aux défis auxquels font face les agriculteurs, il ne suffit pas d'améliorer la productivité : il faut aussi les aider à renforcer leurs capacités de résilience », indique Mme Popova. En Colombie, par exemple, Incofin a appuyé une coopérative de café afin qu'elle devienne plus intelligente face au climat en finançant la construction d'un broyeur humide centralisé, qui permet d'optimiser le processus de transformation de la production. « Grâce à cet appareil et à son système de gestion améliorée, nous sommes parvenus à réduire de 40 à 4 l la quantité d'eau utilisée pour produire 1 kg de café. En outre, la source d'eau n'est plus contaminée par le processus comme auparavant. Quant aux coques de grains, à la pulpe de café et aux autres déchets, ils servent à alimenter le broyeur. C'est donc un bon exemple d'une initiative positive sur les plans environnemental et social, qui améliore le bien-être des producteurs tout en assurant en même temps un solide retour sur investissement », explique-t-elle.

 Pour améliorer la productivité, la qualité de la production et le niveau de revenus, Incofin soutient des organisations de petits exploitants en les aidant à diversifier leurs cultures et à adopter de bonnes pratiques agricoles. La société travaille aussi avec des organismes locaux de microfinance afin de renforcer les capacités de résilience d'une région donnée aux chocs climatiques. Au Nicaragua, cette collaboration a par exemple permis le lancement d'un produit assurantiel basé sur un indice climatique. Les organismes de microfinance jouent ici le rôle de preneur d'assurance et d'agrégateur, pour, et avec leurs clients agriculteurs. « Nous sensibilisons également au changement climatique afin de soutenir les actions qui aident les agriculteurs à devenir plus résilients et à mettre en œuvre des pratiques intelligentes face au climat », ajoute Mme Popova.

Depuis 2001, Incofin a investi plus de 1,7 milliard € dans 65 pays, travaillant avec plus de 300 clients, notamment des institutions financières, des petites organisations de producteurs ou des petites et moyennes entreprises agricoles. Actuellement, Incofin détient quatre fonds actifs et plusieurs structures de conseil, gérant au total 881 millions € d'actifs engagés. Sur le volet de l'assistance technique, la société a, depuis 2010, mobilisé plus de 6 millions € afin de soutenir 90 projets dans 35 pays, y compris en Amérique latine et dans les Caraïbes, en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient et en Europe de l'Est.

 « Les défis rencontrés par les entrepreneurs ruraux et les petits exploitants sont au cœur des objectifs de développement qui, au final, nous concernent tous. En tant qu'entreprise d'investissement à impact, il est de notre devoir de nous impliquer auprès de ces institutions qui peuvent faire avancer les choses et d'investir dans des secteurs dits "à risque". Incofin agit en ce sens en combinant l'appui financier et l'assistance technique », conclut Mme Popova.

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Trois jeunes entrepreneurs travaillant dans le secteur de l’agriculture numérique ont appris à leurs dépens que l’offre de solutions technologiques aux petits exploitants agricoles d’Afrique peut se heurter à des obstacles particuliers. Dans cet article, ils partagent quelques-unes de leurs observations et recommandations, et présentent notamment une « stratégie de survie », essentielle selon eux au succès : se diversifier pour ne pas disparaître.

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L'agriculture biologique représente une opportunité pour les productrices dans les pays ACP. En effet, elle leur permet d'accéder à des marchés de niche, au niveau mondial, et d'y écouler des produits à forte valeur ajoutée. Amélioration des conditions de vie, levier pour faire évoluer les pratiques au niveau local, impact positif sur l'environnement : deux exemples, aux Samoa et en Jamaïque, vont venir illustrer le potentiel et les séduisants résultats de ces méthodes novatrices.

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