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L'apprentissage par la découverte

Discovery learning

Imarah Radix nous raconte comment elle a vécu le séminaire de « formation des jeunes formateurs » en vulgarisation agricole, organisé par le Caribbean Farmers Network et COLEACP à Ste-Lucie en décembre 2013.

En décembre 2013 le programme PIP du Comité de liaison Europe-Afrique-Caraïbe-Pacifique (COLEACP-PIP) et le Caribbean Farmers Network (CaFAN) ont organisé leur tout premier séminaire de « formation des formateurs » sur l’île de Ste-Lucie, dans les Caraïbes. Treize participants de cette région, dont moi-même représentant le Guyana, ont été formés à la vulgarisation agricole. Deux semaines intenses, faites de visites pédagogiques et édifiantes dans les exploitations pour y observer les « bonnes et mauvaises pratiques agricoles », de travaux de groupe, d’exposés individuels, de leçons et de démonstrations sur le tas. Quatre excellents formateurs de différents pays ont chacun apporté leur touche pédagogique à la multitude de sujets abordés suivant la méthode du Fair Training System du COLEACP (voir l’encadré).

Avant même de m’envoler pour Ste-Lucie, j’avais reçu des documents préparatoires pour mes propres exposés individuels, avec pour consigne stricte de ne pas utiliser PowerPoint. Cela a été un incroyable challenge pour certains d’entre nous car nous avons été mis dans le bain dès la première minute de cours. Les formateurs nous ont appris qu’une communication simple et claire était notre meilleur atout en tant que formateurs en vulgarisation agricole. Ils nous ont enseigné diverses méthodes et stratégies de formation sur le terrain pour différents sujets. Ils nous ont fait faire des exercices pratiques, dont des activités brise-glace et des expériences que nous devions présenter au reste du groupe après les avoir préparées. Ces exposés étaient ensuite évalués par les formateurs, qui critiquaient de manière constructive nos techniques de formation.

Nous avons couvert un large spectre de sujets, comme la formation pour adultes (en suivant la technique SIOM (sujet-intérêt-objectif-méthode) dans les exposés, la lutte intégrée, l’utilisation sans risque des pesticides et la lecture correcte des étiquettes, la traçabilité, les techniques de communication, l’importance de l’hygiène et de l’assainissement (dans les exploitations, les lieux de conditionnement, etc.).

Les exposés pratiques étaient particulièrement utiles et amusants. Personnellement, je devais traiter la question de l’hygiène, et en particulier la façon d’être et de rester propre durant le conditionnement. Cette session de formation s’est articulée autour de plusieurs exercices de sensibilisation aux bonnes pratiques dans les zones de conditionnement. Un de mes messages-clés était : les mains propagent les germes.

Pour chaque exercice, nous devions lire au préalable un manuel de l’instructeur afin de guider notre auditoire de paysans et leur demander de relier des points sur les modes de propagation des germes, les sources de contamination, la fréquence à laquelle il convient de se laver les mains, etc. Ces exercices favorisent les échanges interactifs entre le groupe et le formateur, de manière ludique et au travers d’expériences pédagogiques et d’activités d’identification. J’ai découvert que la règle numéro un en matière de formation pour adultes est de laisser votre auditoire découvrir les choses.

À la fin de la formation, Guy Stinglhamber, directeur général du COLEACP, nous a rejoints. Il a écouté chaque jeune représentant national présenter son plan d’action pour le suivi de cette formation accompagnée par le COLEACP. Il a également remis à chaque participant son diplôme de formation lors de la cérémonie de clôture. Je suis désormais habilitée à former d’autres personnes et suis confiante en ma capacité de communiquer et de présenter de nombreux sujets agricoles de manière simple et succincte. Cette formation a enrichi mes connaissances en vulgarisation agricole, et elle a aidé les autres participants à développer leurs compétences personnelles et professionnelles.

Les cinq principes du Fair Training System

  • La formation débute par un relevé minutieux des besoins en renforcement des capacités de l’organisation. Cette évaluation initiale met le formateur en phase avec les projets du bénéficiaire et évite les redondances avec d’autres programmes d’assistance.
  • Ces besoins sont analysés par l’unité de formation du COLEACP à Bruxelles (Belgique), qui veille à ce que les méthodes et outils pédagogiques répondent au mieux aux objectifs, matériels et niveaux de compétence de l’organisation.
  • PIP s’emploie dans la mesure du possible à substituer une expertise ACP à l’expertise européenne, afin de favoriser la connaissance sur le terrain, l’accessibilité, le contrôle des coûts et le renforcement des capacités.
  • La formation s’inscrit dans une démarche volontaire et continue de l’organisation et du COLEACP, et ne porte parfois ses fruits que dans la durée.
  • Le COLEACP s’efforce, dans la mesure du possible, de démultiplier la portée et l’impact de la formation via des partenariats avec d’autres intervenants du développement, une politique de partage du savoir et l’adaptation de ses outils et méthodes de formation à d’autres domaines d’intervention.

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In October 2013, the Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation ACP-EU (CTA) put out a call for papers, case studies and synthesis papers. The purpose of the call was to publish and disseminate experiences and success stories in ACP countries - or experiences and success stories that were relevant to ACP countries - that can inspire the rejuvenation of smallholder agriculture there.

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