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Renforcement des capacités

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Les TIC excellent quand il s’agit d’accéder à l’information, de faciliter la communication, d’améliorer les prises de décision et d’élargir le périmètre des programmes de développement. Pour révéler tous leurs effets, les solutions TIC doivent néanmoins faire partie du quotidien.

Les TIC peuvent diversement renforcer les capacités d’un individu, d’une organisation ou d’une institution. Elles permettent d’obtenir des informations et de faciliter la communication, d’éclairer les paysans et les communautés paysannes dans leurs prises de décision, ou d’apporter des solutions qui renforcent l’efficacité et le rayonnement des organisations d’appui au secteur. Il existe malheureusement de nombreux exemples de solutions TIC répondant à des besoins et des opportunités agricoles essentiels qui ne renforcent pas – comme escompté – la capacité des communautés rurales à accroître les revenus du ménage ou à améliorer la qualité de vie. D’où cette question : les TIC peuvent-elles effectivement contribuer à renforcer les capacités individuelles et collectives du secteur agricole et à améliorer la situation et les revenus des intervenants de cette filière ? Et si oui, comment ?

Les agents de changement qui travaillent dans les TIC au service de l’agriculture savent, que pour être effectivement intégrées à l’activité quotidienne et aboutir aux résultats et actions souhaités, les solutions TIC doivent être envisagées sous deux angles cruciaux :

  • Les personnes et les communautés paysannes doivent acquérir de nouvelles compétences pour pouvoir obtenir, filtrer et transformer de nouvelles informations en savoir utile.
  • Les relations institutionnelles et les organisations dés du secteur doivent créer un environnement où, d’une part, les TIC sont largement accessibles et abordables et, où d’autre part, les politiques, les lois et les normes sociales incitent les groupes et les individus à tirer parti des possibilités offertes par les TIC.

Correctement déployés, les efforts de renforcement des capacités qui accompagnent la conception, l’introduction et l’adhésion aux services et solutions TIC aident considérablement les paysans et les professionnels à percevoir différemment leur capacité à influencer les décisions et à créer le changement. Cette nouvelle perspective leur donne confiance et les incite à améliorer leur mode de fonctionnement et celui des structures et des organisations dans lesquelles ils travaillent.

Les membres des communautés paysannes et les professionnels du monde agricole disent souvent éprouver un sentiment d’émancipation lorsqu’ils découvrent que les TIC leur donnent accès à l’apprentissage, que l’illettrisme ou un faible niveau d’éducation ne sont plus forcément un obstacle à l’acquisition de nouvelles connaissance ni à l’échange de savoirs, et que de nouvelles formes de maillage et de renforcement de la communauté atténuent leur impression d’isolement. Ce sentiment d’avoir plus de choix et d’opportunités est un puissant ressort psychologique et un facteur qui conditionne la capacité de chacun à devenir maître de son destin et de ses actes.

Le développement de la filière agricole repose en grande partie sur la façon dont les divers intervenants interagissent dans leurs environnements institutionnels et leur aptitude à défendre et à communiquer leurs intérêts. Il ressort de diverses interventions de développement effectuées ces dernières années que les approches ascendantes auprès d’organisations paysannes inexpérimentées se soldent par un succès mitigé, tandis que l’implication de sociétés privées expérimentées et de grosses exploitations est gage de succès. Ces interventions n’ont toutefois pas pu démontrer qu’elles étaient spécifiquement profitables aux petits exploitants vulnérables, aux femmes en particulier.

La communauté du développement international et plus particulièrement la communauté des TIC au service de l’agriculture doit désormais s’interroger sur les conditions dans lesquelles l’usage des TIC peut aider des organisations paysannes inexpérimentées à se consolider, et à devenir des acteurs plus fiables de la filière. Après tout, ce sont souvent elles qui regroupent et représentent les petits exploitants vulnérables. Il n’y a qu’une seule façon d’accroître le revenu des grands regroupements de petits exploitants et de leur procurer des avantages sociaux sur le long terme : améliorer l’efficacité opérationnelle et le rayonnement des organisations paysannes et augmenter le nombre de (groupements de) paysans au sein de la filière.

L’autre point essentiel à traiter est celui de la place des femmes dans les filières, surtout des petites exploitantes et des transformatrices primaires. Ici aussi, les TIC peuvent contribuer à améliorer la production et la commercialisation des produits « typiquement féminins » ou à créer des opportunités de travail non traditionnelles pour les femmes. Il serait néanmoins utile de voir ce qui a bien fonctionné et ce qui a échoué dans les efforts déployés pour amener hommes et femmes, jeunes et vieux à utiliser les TIC et de déterminer les stratégies qui fonctionnent le mieux pour certains groupes ou individus. Ces constatations devraient favoriser le changement dans le secteur agricole et l’essor d’activités agricoles communes aux deux sexes.

Le thème « Renforcement des capacités et autonomisation des parties prenantes » de la conférence ICT4Ag qui aura lieu à Kigali (Rwanda) du 4 au 8 novembre 2013 sera l’occasion d’étudier et, espérons-le, d’apporter une réponse à la plupart des questions venant du terrain. Avec un tel réservoir d’expérience dans la salle, nous espérons identifier des stratégies et des approches d’introduction et de mise en œuvre de solutions TIC ayant fait leurs preuves et résisté à l’épreuve du temps. Que ce soit pour autonomiser les personnes et les organisations de base, améliorer le statut de la femme ou inciter les jeunes à se lancer dans une activité agricole rentable.

Les sessions prévues sous ce thème se demanderont en quoi les TIC peuvent contribuer à améliorer et à renforcer la capacité interne d’une organisation à s’acquitter de sa mission et de ses objectifs. Elles s’emploieront à déterminer les facteurs, approches et activités essentielles de la réussite, les obstacles rencontrés, la façon dont ceux-ci ont été surmontés et les postulats de base qui se sont avérés faux. La conférence rassemblera des praticiens, des organisations de soutien, des politiciens et des technologues pour examiner les expériences effectuées et identifier les approches et les idées les plus aptes à lever les principaux obstacles à un changement positif. 

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CTA se servira de la conférence comme d’une vitrine pour prouver que les TIC mettent les producteurs, transformateurs, négociants et autres acteurs de la filière réellement en capacité. Ce numéro donne un aperçu des applications TIC dans le domaine agricole, à l’approche de la conférence ICT4Ag qui se tiendra à Kigali (Rwanda), du 4 au 8 novembre.

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L’agriculture des pays ACP passe à côté du potentiel des TIC. L’application systématique des solutions TIC doit encore y trouver sa place, de même que les conditions propices à un plus grand impact des TIC sur les programmes de développement agricole.

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Entretien avec Lee Babcock, directeur de l’unité Mobile Strategy d’ACDI/VOCA, une organisation de développement économique basée à Washington, DC, États-Unis. ACDI/VOCA s’emploie à dégager des opportunités économiques pour les coopératives, les entreprises et les communautés par l’application innovante de pratiques commerciales saines.

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Entretien avec Eric White, associé et économiste principal chez Integra LLC, une société de développement international basée à Washington, DC, qui s’est spécialisée dans les politiques et applications TIC. Sa société met en œuvre le programme Global Broadband and Innovations de l’USAID.

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Entretien avec Dorothy Okello, maître de conférences à la Faculté d’ingénierie informatique et électrique du College of Engineering, Design, Art and Technology de l’université de Makerere (Kampala, Ouganda). En 2000, elle a fondé WOUGNET, le réseau des Ougandaises, qui a pour vocation de promouvoir et de soutenir l’utilisation des TIC par les femmes et les associations féminines d’Ouganda.

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