Leading image

Transférer le risque local

The session on ‘Broadband’ examined innovative ways of reducing the costs of connectivity and improving access to internet and other ICT services in remote rural areas. Examples include the universal service funds in countries such as Pakistan and Nigeria.

La session consacrée au « Haut débit » a examiné des moyens innovants de réduire les coûts de connectivité et d’améliorer l’accès à Internet et à d’autres services TIC dans les zones rurales reculées. Parmi les exemples considérés, les fonds de service universel au Pakistan et au Nigeria.

Les entrepreneurs locaux sont les rouages essentiels de la connectivité des zones rurales. Ils doivent non seulement être compétents pour gérer des services TIC, mais aussi être en mesure de développer des projets commerciaux viables pour attirer les investisseurs et créer des entreprises prospères et durables. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas. D’après l’opérateur de télécom français Orange, deux tiers environ des entreprises TIC locales font faillite. La bonne nouvelle, c’est que des idées novatrices prétendent atténuer une partie des risques, comme le prouve l’exemple du « fonds de service universel » au Pakistan.

D’autres mesures simples mais efficaces peuvent également être prises pour réduire les coûts, comme d’éteindre les équipements la nuit pour réduire la facture énergétique et d’utiliser des bandes passantes moins chères. Il y a aussi des solutions écologiques, comme les stations de base à alimentation solaire pour apporter des services de connectivité stables ou encore l’utilisation des espaces blancs TV à mesure que les vieux réseaux analogiques africains disparaissent. Autant de solutions pour une connectivité du dernier kilomètre à bon marché.

Parmi les suggestions formulées lors de cette session, il y a notamment l’abandon du modèle par répartition (pay as you go) au profit d’un modèle par évolution (pay as you grow). Une solution de démarrage pour ceux qui n’ont pas les moyens de se payer la connectivité, gage d’une croissance économique ouverte à tous. Le modèle par évolution vise à fournir un appui initial à ceux qui n’en ont pas les moyens pour qu’ils puissent accéder à Internet, et à facturer ce service plus tard, lorsque leurs revenus augmentent.

Connecter les zones reculées du Pakistan

Cette session a permis de découvrir le « fonds de service universel » pakistanais, un dispositif par lequel tous les opérateurs de télécoms agréés reversent un pourcentage de leurs recettes à un fonds géré par une tierce partie, une collectivité ou une entreprise publique–privée indépendante, chargée de subventionner les infrastructures et la connectivité dans les zones économiquement moins rentables.

L’exemple d’Hamed Khan Achakzai, un exploitant de la province pakistanaise du Baluchistan, prouve la nécessité d’un tel fonds. Achakzai possède des pommeraies et transporte sa production dans d’autres parties du pays, notamment dans la ville portuaire de Karachi, au sud, et dans d’autres régions situées au nord. Idéalement, il devrait planifier le transport de ses produits et déterminer les trajets les plus rentables. Partant de là, il devrait récolter ses fruits au moment qui correspond parfaitement aux transports prévus. Ce genre d’information est néanmoins difficile à se procurer dans les zones reculées.

C’est dans des cas comme celui d’Achakzai que le fonds de service universel peut changer la donne. Ce fonds doit toutefois être bien géré. Il n’est en effet pas toujours certain qu’une collectivité – qui peut être inefficace ou trop bureaucratique – soit la plus indiquée pour ce job. Le Pakistan gère un fonds de service universel innovant via l’USF, une société indépendante, à but non lucratif, au statut d’entreprise publique-privée. L’indépendance de cette société est garantie par un conseil d'administration où siègent toutes les parties prenantes, y compris les milieux politiques et industriels. En contrepartie, la société emploie des directeurs des secteurs public et privé.

En cinq années d’existence, l’USF a réussi à créer des infrastructures TIC et à amener la connectivité dans des zones rurales reculées. Elle a installé le haut débit dans 260 petites villes et villages (ce qui représente près d’un demi-million d’abonnements). Parmi ces abonnés, plus d’un millier d’écoles et de bibliothèques et 300 centres communautaires à haut débit. Plus de 4 000 km de câbles en fibre optique ont été installés dans des régions difficiles pour connecter 67 sous-districts sur la centaine qui n’était pas desservie. L’USF propose des services télécoms vocaux à plus de 4 000 villages reculés non desservis.

Grâce à des stratégies efficaces et à une bonne gouvernance, l’USF a prouvé que le fonds de service universel était un concept qui apportait un début de réponse à quatre besoins essentiels en matière de TIC : la disponibilité, la sensibilisation, l’accessibilité tarifaire et l’attrait.

L’USF évite aux entrepreneurs locaux d’assumer le risque lié à des investissements infrastructurels TIC dans des zones reculées. De meilleures infrastructures et une meilleure connectivité profitent aux communautés éloignées en les sensibilisant à de nouvelles opportunités professionnelles et en rassemblant producteurs et nouveaux acheteurs. Ces améliorations se traduisent aussi par une amélioration des pratiques agricoles et des conditions de travail de certains exploitants comme Hamed Khan Achakzai grâce au retour d’information des clients, pour greffer, arroser, conditionner et catégoriser au bon moment.

Liens corrélés

Fonds de prestations de service universel du Nigeria

www.uspf.gov.ng

Stratégie nationale kényane de haut débit

http://goo.gl/WsCLlt

Fonds de service universel du Pakistan

www.usf.org.pk

Lire la suite

par

La session consacrée au « Haut débit » a examiné des moyens innovants de réduire les coûts de connectivité et d’améliorer l’accès à Internet et à d’autres services TIC dans les zones rurales reculées. Parmi les exemples considérés, les fonds de service universel au Pakistan et au Nigeria.

par

Cette session intitulée « Renforcement des capacités, genre et TIC dans l’agriculture » a montré qu’un égal accès des femmes aux TIC profitait aux communautés et qu’il convenait d’associer toutes les parties prenantes, y compris les hommes et la famille au sens large, aux initiatives cherchant à améliorer l’accès des femmes aux TIC.

par

La session consacrée aux « TIC/ apps mobiles pour l'accès aux services financiers et à l'assurance » a dégagé plusieurs leçons qui contribueront à améliorer le développement des services financiers mobiles dans les pays ACP.

Derniers numéros

ICT Update N° 91

L’agriculture ACP de nouvelle génération - Les innovations qui marchent

ICT Update N° 90

Les femmes et la digitalisation de l’agriculture

ICT Update N° 89

Data4Ag - De nouvelles opportunités pour les petits exploitants

ICT Update N° 88

Libérer le potentiel de la blockchain pour l’agriculture

ICT Update N° 87

Données météorologiques pour l'agriculture

Tous les magazines