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Une base de données vivante pour ICT4Ag

Ben Addom, coordinator of the ‘Emerging innovations’ stream, talks about the effort to create a ‘living database’ of ICT4Ag solutions.

Ben Addom, coordinateur du thème « Innovations émergentes », évoque le projet de création d’une base de données « vivante » des solutions ICT4Ag.

Dans notre dernier numéro, votre article insistait sur la nécessité de coordonner le suivi de l’impact des applications, tant celles-ci sont nombreuses. Avez-vous noté, au cours des sessions de votre thème, des signes positifs en ce sens?

Oui, la nécessité de coordonner est apparue très tôt au cours de la journée Plug & Play, puis tout au long de la conférence, les intervenants, comme les orateurs et les participants considérant l’absence de coordination comme un des principaux freins à l’usage des TIC dans l’agriculture. Il y a duplication des applications, des solutions et des innovations et très peu de collaboration entre les développeurs. En tant que coordinateurs du thème, nous nous attachons à recueillir les principaux messages des sessions, à les analyser et à recommander la marche à suivre. Il en ressort qu’une des premières actions spécifiques à mener consisterait probablement à identifier et à recenser les solutions ICT4Ag avec les parties prenantes, afin de constituer une base de données « vivante », une plate-forme libre que chacun pourra actualiser à mesure que des innovations voient le jour. Ce travail redynamisera et complétera sans doute celui du programme GBI (Global Broadband and Innovations) de l’USAID auquel j’ai participé entre 2011 et 2012 et qui ne s’est malheureusement pas poursuivi.

Associer les parties prenantes de la filière est une autre préoccupation essentielle. Les sessions ont-elles suggéré des moyens d’accélérer ce processus?

Évidemment ! La démarche engagée par le CTA pour favoriser l’utilisation des TIC dans la filière agricole cible les parties prenantes et soutient les solutions TIC qui répondent précisément à leurs besoins. Les organisateurs de la conférence n’ont pas attendu la fin de la manifestation pour accélérer ce processus. En fait, la question de l’inclusion était déjà présente durant la phase préparatoire. Nous avons donc fait de notre mieux pour associer toutes les parties prenantes aux divers volets de la conférence. Les paysans et les organisations paysannes ont été invités et ont bénéficié d’aides pour se rendre à la conférence. Ils ont aussi partagé leur expérience lors de certaines sessions.

La conférence a offert une plate-forme d’expression aux jeunes. La plupart de ces jeunes hommes ou femmes se sont exprimés au travers du reporting social et des hackathons. La question du genre faisait d’ailleurs partie du concept de la conférence. L’invitée de marque du discours de clôture était une jeune Camerounaise, Rebecca Enonchong, fondatrice et directrice générale d’AppsTech, un des principaux fournisseurs mondiaux d’applications professionnelles. Des chercheurs ont en outre présenté leurs travaux sur les TIC et l’agriculture, des politiciens ont pris part à des sessions qui leur étaient réservées et des investisseurs ont pu découvrir et critiquer de manière constructive des solutions prometteuses.

Ces mesures ont été prises pour illustrer les différentes facettes du thème de la conférence, « ICT4Ag : le tremplin digital de l’agriculture inclusive ». La conférence a donné l’occasion de s’exprimer à toutes les parties prenantes, et surtout celles qui ont été ou se sont senties « ignorées » ou « abandonnées ».

L’animateur d’une session nous a demandé d’écrire sur une fiche ce qui nous avait « bluffé » durant la conférence. Qu’auriez-vous écrit?

Une fois encore, le résultat des thèmes répondra bien mieux à cette question que je ne pourrais le faire. Mais j’ai pu vérifier qu’un certain nombre de solutions TIC avaient marqué la conférence de leur empreinte. mFisheries, tout d’abord, une suite d’applications développées par la University of the West Indies. Par le biais de leur portable, les pécheurs peuvent avoir accès aux bulletins météo, à des outils de navigation, à des conseils pour les premiers soins et les réparations d’urgence sur un bateau. Ils peuvent même s’informer en mer du prix du poisson sur les différents marchés. Je songe ensuite à un système de vérification électronique des intrants agricoles qui a fait bonne impression. Ce système permet à des paysans, via un SMS, de vérifier l’authenticité de leurs intrants agricoles avant de s’en servir. L’utilisateur envoie sa requête par SMS à un numéro local à quatre chiffres, qui lui renvoie un message d’authentification dans les secondes qui suivent. Enfin, je mentionnerais un système malgache d’information de marché, simple mais puissant, au potentiel immense, et accessible depuis un portable, une tablette ou un ordinateur. Rural eMarket est multilingue, contextualisé, facile à utiliser, rapide à maîtriser, mais aussi et surtout d’un prix abordable pour la plupart des projets ruraux.

Dans votre article, vous espériez inciter les développeurs d’apps, les investisseurs et les politiciens à combler certaines lacunes – pourquoi, par exemple, les apps ciblent-elles l’information de marché mais s’intéressent-elles moins à la gestion de l’après-récolte ? La conférence a-t-elle permis d’avancer sur ce point?

Notre objectif était de montrer les lacunes dans l’offre de solutions ICT4Ag – concentration dans certains domaines, rareté dans d’autres. C’est revenu à plusieurs reprises au cours des débats. Pendant la journée Plug & Play, par exemple, où plus de 36 solutions étaient en démonstration, il était évident que la plupart des applications se concentraient sur les informations liées à l’accès au marché. Rien en revanche dans des domaines comme la gestion d’une exploitation et la gestion de l’après-récolte, par exemple. Mais fait intéressant, des fondations et des partenaires de développement sont venus à la conférence en quête de solutions TIC pour ces maillons « oubliés » de la filière. Le CTA a amorcé la discussion avec certains de ces partenaires afin de dégager des solutions pratiques.

Le modèle adopté par le CTA pour les hackathons devrait également permettre de combler ces lacunes. Un hackathon séduit généralement par le fait qu’il apporte des solutions en temps réel aux problèmes ; le revers, c’est que la plupart des idées que l’on y cultive périclitent par la suite ou peinent à trouver des investisseurs. Le CTA a conçu son hackathon de manière à réunir développeurs et parties prenantes dans un environnement plus propice à l’approfondissement de ces idées.

Nous avons intitulé ce numéro « Faire bouger les choses ». Êtes-vous sûr que les participants à cette conférence ramèneront chez eux ce qu’ils y ont appris et qu’ils feront bouger les choses?

Des possibilités de collaboration entre pairs, des partenariats développeur/investisseur et des partenariats entre technologues et parties prenantes agricoles se sont créés dès le premier jour. La plénière de clôture s’est davantage apparentée à des points de suspension qu’à un point final. Les participants ont été répartis en divers groupes pour discuter du suivi de la conférence. Les tête-à-tête se sont multipliés tout au long de la semaine, signe que la conférence accouchera probablement de nombreuses actions.

À mon avis, une conférence ne donne rien lorsque les participants comptent sur les organisateurs pour faire bouger les choses. C’est à eux aussi de prendre l’initiative. Cela dit, le CTA, en tant qu’organisateur chef de file, s’est beaucoup investi dans cette conférence et entend poursuivre le dialogue afin de faire bouger les choses. Plusieurs activités de suivi sont déjà dans les cartons pour l’année prochaine, afin d’évaluer si oui ou non « les choses ont bougé ».

Y a-t-il quelque chose que vous désiriez ajouter?

Les modèles d’entreprise liés aux solutions ICT4Ag figuraient en bonne place à l’ordre du jour de la conférence. On a pu observer que les problèmes de durabilité rencontrés par ces solutions résultaient de mauvais modèles d’entreprise. Après toutes ces années, la plupart des solutions restent sous perfusion financière des donateurs et donc au stade de projet pilote, sans parvenir à monter en puissance. C’est un problème auquel, à mon avis, une autre plate-forme devrait s’atteler de toute urgence.

Les sessions des différents thèmes ont été le théâtre de plusieurs débats intéressants, notamment sur les services bancaires mobiles pour le DAR, un meilleur accès et une meilleure utilisation des données agricoles grâce aux technologies nomades et à d’autres TIC, vaut-il mieux se concentrer sur des applications isolées ou plutôt privilégier des systèmes intégrés qui relèvent la plupart des défis de la filière... Je songe également à un débat approfondi sur l’utilisation d’outils des médias sociaux pour le suivi en ligne des médias. Autant de sujets cruciaux qui seront minutieusement analysés dès que le résultat final du thème sera disponible.

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