Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
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La communication multimédia, un levier pour l'innovation

Les drones fournissent des données précieuses et très précises qui permettent aux agriculteurs de gagner du temps et de l’argent

Retour sur une expérience menée avec des opérateurs numériques en Afrique

Le CTA se donne pour mission de faire avancer la sécurité alimentaire, la résilience et la croissance économique inclusive dans les pays ACP par le biais d’innovations dans l’agriculture durable. Tout au long de ces 10 dernières années, le CTA a joué un rôle dans l’identification des innovations technologiques de pointe, dans la promotion de la culture et des compétences numériques ainsi que dans la formation et le renforcement des capacités des acteurs du secteur agricole à innover et utiliser des solutions d’agriculture numérique.

En 2018, le CTA a organisé au Ghana un atelier de capitalisation des expériences autour de son programme « Les yeux dans le ciel pour des technologies intelligentes au sol ». Douze start-up africaines, impliquées depuis le début dans le projet, étaient présentes. Les participants ont fait part d'un intérêt prononcé pour le déploiement à l'échelle des services de drones (ou UAS, Unmanned Aerial Systems, Systèmes aériens sans pilote) dans l'agriculture, mais aussi d'autres secteurs, en Afrique. A cette occasion, Abdelaziz Lawani, PDG de l'organisation partenaire Global Partners SARL, originaire du Bénin, a aussi émis l'idée de créer une entité formelle, chargée de représenter les opérateurs numériques en Afrique. « Africa Goes Digital » était née.

Une communauté de pratique autour des drones

Etienne Wenger a défini, en 2002, une communauté de pratique (CdP) comme un groupe de personnes qui : se rapprochent volontairement afin de relever des défis communs ; partagent le sentiment d’une mission commune ; utilisent des pratiques et un langage communs ; représentent ensemble un capital de connaissances ; partagent des convictions et des systèmes de valeurs similaires ; et collaborent en direct, partagent leurs connaissances et apprennent les unes des autres.

Dans la continuité de l'atelier organisé au Ghana, le CTA a commencé l'incubation de la communauté de pratique Africa Goes Digital, qui regroupe aujourd'hui 40 startups issues de 21 pays du continent. Les entreprises membres fournissent des services numériques nécessaires à l'utilisation des drones dans les domaines suivants : agriculture, énergie, arpentage, systèmes d'information géographique, ingénierie, construction, pétrole et gaz, gestion des risques de catastrophe, recherche humanitaire et renforcement des capacités.

Avec le soutien et les services de conseil du projet Ripples d’Ernst & Young, et de TrustLaw, le programme mondial de missions juridiques pro bono de la Fondation Thomson Reuters, le CTA travaille actuellement à faire d'Africa Goes Digital une entité juridique distincte. L'objectif est de fournir aux membres un éventail de services : stratégie marketing et offre de conseil, opportunités inédites de mise en réseau et de coopération, accès aux logiciels et au matériel à prix réduit, capacité commune pour le soutien aux activités commerciales et accès à une base de connaissances. La CdP ne poursuivra aucune activité à but lucratif, au contraire de ses membres.

Un groupe WhatsApp, le secret d'échanges fructueux

Au moment du lancement d'Africa Goes Digital, un groupe WhatsApp a été mis en place afin de faciliter les échanges entre les membres. Ce groupe est devenu le moteur de la CdP et n'a cessé de grandir. Il réunit aujourd'hui une soixantaine de membres issus de 20 pays d'Afrique.

Une étude en ligne a été menée en juin 2019 auprès de 32 membres francophones et anglophones de la CdP qui représentaient chacun une entreprise du réseau. 59 % des personnes interrogées ont identifié le groupe WhatsApp comme la meilleure source d'opportunités commerciales, devant les initiatives personnelles (56 %) et les réseaux sociaux (53 %), ainsi que le précise l'illustration 1. Il est intéressant de noter que les membres ayant cité le groupe WhatsApp comme la première source d’information sont aussi ceux qui sont les plus actifs au sein de ce groupe. Les autres ne suivent sans doute probablement pas régulièrement les échanges sur cette plateforme.

Habitué à soutenir les échanges dans les groupes d'intérêt spécifiques par l'intermédiaire de listes de discussion par email dédiées, le CTA s'est adapté à la préférence affichée des membres pour un groupe WhatsApp dans le cas d'Africa Goes Digital. Ils ont toutefois été invités à rejoindre des plateformes comme U4V4Ag ou ICT4Ag. U4V4Ag est notamment spécialisé dans la technologie des drones pour l'agriculture et comprend plus de 1 150 membres originaires de 117 pays. Il reste néanmoins des progrès à accomplir pour améliorer l'efficacité de ces groupes puisque seulement 34 % des participants à l'étude y ont décelé des opportunités commerciales.

Le tableau ci-dessous synthétise les différences entre les deux types de plateformes et donne des indications pour comprendre la préférence accordée au groupe WhatsApp.

A la faveur d'une communauté plus petite, cantonnée à un continent, et bénéficiant d'une plateforme offrant plusieurs canaux de communication (texte, image, voix et vidéo), les membres du groupe WhatsApp ont pu développer des relations interpersonnelles plus étroites. Ce groupe réunit tous les critères énumérés par Wenger dans sa définition d'une CdP. En outre, les participants au projet Africa Goes Digital mènent conjointement des actions dans les domaines suivants : branding, marketing, campagnes de promotion sur les réseaux sociaux, participation aux appels d'offres et exécution de contrats.

La communication a été et reste au cœur du développement et de la consolidation de la communauté, le groupe WhatsApp jouant un rôle fondamental dans ce processus. Les différentes plateformes – groupe WhatsApp et groupes d'échange – bénéficient d'une animation assurée par des individus engagés qui postent du contenu et stimulent les échanges. Néanmoins, les résultats sont différents. Le succès du groupe WhatsApp, pourtant plus petit en nombre, s'explique notamment par un degré de confiance plus élevé entre ses membres. Ainsi, les échanges visent souvent à mutualiser des ressources pour relever les défis rencontrés par un ou plusieurs membres, ou à se regrouper pour répondre ensemble aux opportunités commerciales qui se dessinent. Les bénéfices sont immédiats et mettent en lumière l'immense potentiel de la communication multimédia dans le développement de l'agriculture commerciale en Afrique.

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Les technologies de l'information et de la communication (TIC) désignent l'ensemble des technologies utilisées pour traiter l'information et faciliter la communication. Elles permettent aux individus de collecter, créer et diffuser l'information par différents moyens : la voix, le texte ou l'image. Aujourd'hui, toutes les activités humaines sont touchées par la révolution des TIC. L'agriculture ne fait pas exception, notamment dans les pays ACP où la prise de conscience est grandissante quant à l'importance de l'accès à l'information.

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Le programme Genre, agriculture et développement rural dans la société de l'information (GenARDIS) a été lancé en 2002 dans le but de soutenir des projets utilisant les technologies de l'information et de la communication (TIC) pour renforcer les connaissances et la productivité des agriculteurs. Quel est le bilan du programme ? A-t-il permis de réduire les inégalités de genre, mais aussi entre ruralité et urbanité ? Est-il pertinent de redéployer cette initiative aujourd'hui ?

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La pression démographique s'intensifie et pose des défis d'envergure. Les rendements des cultures devront ainsi doubler d'ici quelques années afin de garantir la sécurité alimentaire mondiale. Pour atteindre cet objectif, l'Afrique subsaharienne est une région stratégique : 60 % des terres agricoles non cultivées de la planète se situent dans cette zone. Les rendements moyens de la région demeurent bien en deçà des standards internationaux.

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Charles Wandera est un agriculteur du district de Masindi, en Ouganda. Dernièrement, la région a été frappée par une invasion de chenilles légionnaires d'automne. Les producteurs se sont trouvés démunis face à ce ravageur arrivé récemment en Afrique. A la recherche d'une solution pour protéger ses cultures, M. Wandera s'est tourné vers la radio. Il a obtenu de précieux conseils en écoutant une émission diffusée sur Radio Kintara.

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